‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 370 sur 975 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

^'CHRISTINE. MICHÈd.*""^'"^ ^'^"•*1''

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CHRISTINE , après un moment de silen'.r. .Nous voilà seuls. Eh bien! Michel, qu'avais-tu à me dire? qu'avais-tii à me demander? Pouvons-nous t'ètrc utiles à quelque cho-:e, ukhi mari et moi?

MICHEL. .Je ne veux rien de vous, ni de votre mai-i.

CHRisTiç^ç. (il,.p^^,4(l>ijfe? dje famille dont tu voulais me parlfii;», ,„„,.,, ^(.„,,,^i;^,.

MICHEL. Je n'en ai pas ; je voulais seulement vou.» faire compliment sur votre constance, et je n'osais pas quand il était là. i -i,.]

CHRISTINE. Comment! ma coiislduce! Eallait-il restëlt" lille toute ma vie, parce qu'il plaisait à Monsieur dune pa.s me ri'iiondre? « -

MICHEL. En-ce que je pouvais supposer que vi^is étiez si pressée? et il fallait en effet l'être joliment pour prendre un mari comme celui-là.

CHRISTINE, vivement. Et qu'est-ce qu'il a donc de si mal?

MICHEL. 11 n'y a pas besoin de parler si haut ; mai-

on sait ce que c'est qu'un soldat ; celui-là surloutqui

estbrutal,qoiesljaloux,etqui n'a pas lemoindre usage.

cHiusTiNË. (Juanil il srrait vrai, je suis sûre au moins

qu'il m'aime, lui ; et il a raison, car je lelui rends b en.

MICHEL. Ah! vous le lui rendez!

CHRISTINE. Oui, .Monsieur, je l'aime, je l'adore, je

ne suis contente que quand je le vois.

.MICHEL. Ah! mon Dieu, je ne vous retiens pas ; je ne vous empêche pas d'être avec lui ; si vous croyez que je sois jaloux ! Je l'aurais peut-être été d'un aiuuit aimable et galant ; mais d'un mari comme celui-là , c'est cequc je pouvais trouver de micuv. Vn homme qui boit, qui fume, qui à chaque in.stant se met en colère, qui, j'en suis sûr, vous rendra malheureuse ; eh biert ! c'est tout ce que je désircS c'eèt tout-ce qûe-je'tléniaiide, Hunneoitis je serai Ven**î?.^' "" : ■iJ-'ilOipii - j.fij ■ •aiBrsiiNR'. Comment! hiortsîbiîr Mifhfef' Vous serez vei»gé,iet'dc qui? Ouel mal vous ai-je fait? Est-ce ma fàul)8v*i tous m'avez refusée? à qiii iil-je pensé dès mon enfance? à vous. Dès que j'ai eu un peu de fortune, à qui ai-je offert mon cœui- et ma main? àf- ./, Je me disais : Nous ne serftns pas encore bien riches • mais avec de l'ordiv, du travail, nous pourrons le devenir. Et Michel qui atoiijbm-s été un peu ambitieux sera flatté dfc se' t)-Mr*i>f à la tête de la fii-eniière auberge du canton, et sentira, quelque place qu'on lui offre, qu'il vaut niieujt commander chez soi que d'bliéir chez les autres. El .Ci par notre aclivilé^ si par ilos économies notre maison finit par firospérer, quel bonheur de ne devoir sa fortune qu'à soi-même, et quel bon niénag<' nous ferons! Lri journée Sera consacrée au travail; mais le soii- nous nous verrons entourés de notre famille, de nos amis qui viendront s'a?,seoir à noire table. Le dimanche, toute la jeunesse du pays viendra dan^^er dans notre jardin. Aimés de nos voisins, estimés des Voyageurs, chéris de nos eiifanis. tel est le sort ipii nous attend. Voilà ce que je me disais, .Monsieur; voilà les plans de bonheur que je formais pour vous, et dont votis voulez aujourd'hui vous veii^'-er. MICHEL. Dieux ! que je suis malheureux ! et quel ménage j'aurais eu! vous ne pouviez peut-êlre pas altendre? C'est affreux, et je vous en veux plus (|ue jamais de m'avdir privé d'un trésor comme celui-là. '

'ÉHR1STINE. N'y avez-vous pas vous-même renonce'? ' et tout à l'heure encore ne m'avez-vous pas écrit lie'' vous oublier? Et cette lettre..':' '■'"! ''-■i'^"-") 'O 'U../ MICHEL. Cette lettre ! qu'est-We'Jfiié'ilèâVfiiivdTÂ'flè'zr si viius .saviez, si vous pouviez devinîîr mon secret!.! CHRISTINE. Que dites-vous, un .secret? vous en auriez un?

MICHEL. Oui, mais je ne peux plus vous le dire, vous voilà mariée.

CHRISTINE. N'importe, je veux le savoir. MICHEL. Ça ne se peut plus, vous dis-je. Vous aimez votre mari, vous l'adorez, rien ne manque à votre IVlicit,'.

MICHEL ET CHRISTINE

CHRISTINE. Rien n'y manque! vous ai-,je ditcela'?

MICHEL. CunimciU! il serait |)ossible ! vous ne sériel pas heureuse, vous, (luisline? Il ne manquait plus que ce cbagriu-là. (.1 voix basse.) Je suis sûr (|u'il est colt^r*), qu'il est brutal : il vous bat peut-être. Dieux! si j'osais -lui clurcher querelle!.. Vous ne pouviez peut-être pas attendre, moi qui me seraiwlaissô mener

par vous!

CHBISTINt.

Air (le Céline.

EU bien! si votre ancienne amie Conserve encor quelque [lonvoir, 'Confiez-lui, je vous en prie.

Oie secret que je veux savoir.

- 'il, 1111 :;i, 'lu- r;(! ' i MICHEL.

■ Puisque votre cœur le désire,

(Lui donnant ta leitre'.)" "" Mes Secrets .. les voih'i, mais je vois i-imm ■

Qu'a présent il faut vous les dire. "^ '•"

(ia regardant aveu empressiomY m' ,., Xpu^ |§s de^Dieï autrefws»,^! irlréqma •'uov sn

- ..hh'lnl. IxDoliii.J-iorf :H'*"P

CHRISTINE. Que (litii^rvqHp^ ^„;ni : ttrulr,^ Ja oldBitiifi

^icii^^. ^ui,.i iVi* (juc; vflos, l'aarez-ilueii.iJe'VOBs' ■

quitte, jp,,iWt?')^t|j'imi au, bout du monde, s'il le :

faut... ,,, ,..;, ,:,, ;.-■'".

cuRisTiK^, lisant., fi Ma(l'^n>oiselle>jesuis4mbitiedXi i (( mais honnête ; un brave homme avec qui je vîeiLsi <( d'avoir une conversation m'a prouvé que si je ne « vousiiimais plus, il fallait vous le déclai'er; je piends « donc la plume pour vous jdire que...,* (S'arrétant.)

[•lup 8'jtl éiK'V 11 Vojiibliia nom

EU bien! c'est efTaeë,

MicHti.. Allez toujauv^Hii nom tidllo uj-ifi iup È ,?riiit cHRiSTiXE, « Potir vous dire... que.,. -je t'aime ton- " jours; car je n'ai jamais pu écrire l'.^utrc mot, et « ji' M'us maiiileuaut qu'il m'est aussi impos-sible de « le penser que de. l'ikirire. » {.S'rt)yé<«/«f,} Comment! . il serait vrai? ,i,i]:,M(i jn^iMa l'J , (ioJiib-) nb sgTjd

Mir.IlKL, /j/curartt. Âlieî,lOUJOUPSi..im U<r.^ li'iio Vl'Tl,

CHRISTINE. « Oui, ma petite Cbristiue, c'est Pierre u Durand et ses mauvais conseils qui m'ont égan;; « mais je n'ai jauiais cessé de l'aimer, et je t'aime. « plus que jamais, et je t'épouserai aussi vite que tu « le voudras. Ton cousin et futur mari, Michel. »

MICHEL, prenaf»< sj>n«/(a/)#aM. Aflieu ! -Mw»! jefflfenr VHS.. , ,', ,, ,,, ,,. .,,,,,.1 ...l.nKiiiih 9J .'ildfi-t oilori t,

CHRISTINE. Michel, encore un instant.. , .iii;fi i\tIiii-<i'

MICHEL. Quoi ! vous me retenez après ice- qiijiB>YQ»*(ivenez de lire ! Vous voyez biei), madaiHfiiStaifislas, qup.' je vous aime toujours. ,1 i li^im!/

CHRISTINE. Eli bien ! (|u'est-ce que ça fait? ,• hkhi

MICHEL. Et votre niaii qui est jaloux ! S"iIsavait,sS(jlement...

CHRISTINE. Qu'importe?

MICHEL. Comment I. qu'importe!., eh bien!., par exemple, c'est pour le coup qu'il vous battrait. V<>us ballic, vous, Christine' [La regardant avec douleur.) Vous ne pouviez peut-être pas attendre? \Viveinent. reprenant son chapeau et son bâton.} Adieu ! Ciiiistine... adieu ! ma cousine. (// sort pa{ç ti^^gf^uch" et retdre dans l'intérieur de l'auberge.) yyQ .,<<ii

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.•II07fi8 9f Vu^y 9t ,f>t''nf|mr"/' l/ir^utH i x'iuiiisaiio'/ .9't-êib 8IJ0T taolq ):

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