SCÈNE XVI
MADAME DUBOCAGE, GL'ILLEMAIN, plusieirs Garçons TRAITEURS.
GtuLLEMAiN. Mille pardous, Madame... (A pa/rl.) Il parait que c'est une nouvelle... {Haut.) Je vois... je \ois qu'en l'abstnce de Uonsie<.ir, c'est vous qui êtes la maîtresse de céans. (A part.) Par exemple, il a làuH divte (Je goût.
MADAME DUBOCAGE. Oui, Mousieur... tinissons : qu'y a-l-il pour vutn; service?
cuiLLEMAiN. Oiablô! Celle-là n'est pas de bonne hu-
meur... dépèchez-vous, vous autres, et disposez là le souper que .Monsieur a commandé.
MADAME DiiiOCAGK. Coiiimcnt! il a commandé...
GuiLLEMAiN. Oui, uu petit repas... pour lui et deux ou trois de ses amis... et je devine sans peine qu'estce qui doit en faire les honneurs.
MADAME DUB0c.\GE. Dcux OU trois de ses amis à une pareille heure?., mais c'est d'une Indiscrétion... mais êtes-vous bien sûr?..
GiiLLEMAiN. C'cst M. Prospoi'qui m'a dit lui-même...
MADAME DUBOCAGE. M. Prospcc... VOUS voulcz dire M. Dubocage.
cuiiLEMAiN. Est-ce Dubocage? je le veux bien... le mois dernier il' s'appelait Belval : Prosper ou Dubocage, le nom ne fait rien à la chose.
MADAME DUBOCAGE. Qu'est-co quc j'appi'cuds là?., comment ! dès le mois dernier il occupait c*H appartement sous un nom supposé ?
GuiLi.EMAiN. Le mois dernier... parbleu! en voilà plus de six que Monsieur l'a loué.
MADAME DUBOCAGE. Comment!.. (.4 part.) Mais au fait il vaut mieux .se taire et confondre le perfide... lUaut.) Et s.ins doute il recevait des visites?
GUILI.EMAIN. Beaucoup, c'est un homme très-répandu.
MADAME DUBOCAGE
.MR : Ces postillons sont d'une maladresse. Il lec avait donc '!
GUILLEUAlN.
Oui, (les diables; Tous jeunes gens et tous charmants sujets.
HADAMÇ DUBOCAGE.
Et des daines?
GUILI.EMAIN.
De fort aimables
Dont je retrouve en vous les traits ;
De bons .iiuis, du punch, du tapage,
Vinet créanciers, autant d'amours, enfin.
On n'eu aurait pas davantage
Dans le i|uartier d'.\ntin.
Au surplus cela ne nous regarde pas... pourvu que
nos fournitures soient payées.
MADAME DUBOCAGE. MoUSieUr CSt...
GuiLLEMAiN. Daus le coramere, Madame; je lui prête de l'argent.
MADAME DUBOCAGE. Est-CC qu'Il CU a bcSOill?
GUiLLEMAiN. Souveut. Mais il parait qu'il vent se ranger; et cela ne m'étonne pas, depuis que j'ai vu .M.adame... il n'a jamais fait un choix plus sage, plus raisonnable; et cela annonce une maturité de raisonnement dont je ne l'aurais jamais cru capable.
MADAME DUBOCAGE. C'cst boii... sortez. [ûuHlemain et les garçons traiteurs sortent.)