SCÈNE Xm
ERNESTINE, ensuite MADAME DUBOCAGB.
ERNESTi.NE. Eh bien î qu'y a-t-il doue?... et d'où vient ce départ subit? (Appelant à la porte de la chambre.) Matante .. ma Uinte! arrivez donc, vous ne savez pas... ce monsieur dont vous m'avez parlé...
M.\D.\SIE DUBOCAGE. Eh biCU !
LE MÉNAGE DE GARÇON
Ell^ESTl^E. 11 sort d'ici.
MADAME DrBocACE. Saiis (IcniaïuItT il me voir'?
ERNEsriNE. Si vraiment,., mais je crois qu'il a la tète, là... lin peu... comment vous ilirai-je?
MADAME Di'BOCAGE, sévèrcnuHt. Qu'fst-ce que c'est, Mademoiselle? Que prétendcï-vous dire de sa tète?
ERNESTiNE. Dapic ! il venait de causer avirc moi d'une manière cei'tainement très-raisonnable... et quand je lui ai dit que probablement vous souperiez ici... il a pris son chapeau et est sorti comme un t'ou, en criant (ju'il allait revenir...
MAPAME Li-BOCAGE. 11 avait sans doute oublié quelque chose... mais à cela près, comment le trouvezvous?..
ERNESTINE. Oli ! uia tantc... je n'ose pas vous dire... je l'ai trouvé plus galant et plus aimable que jamais.
MADAME puBOCACE. Comment, plus aimable que jamais?., vous avez donc eu déjà des preuves de son amabilité?
ERNtsTiNE. Mais oui... ma tante... c'est que si je vous dis ce qu'il en est, vous allez vous l'àcher.
MADAME uiiBûCAGE. AU! muu Dieu ! d me prend une palpitation... parlez, Mademoiselle, parlez: vous voyez iiicn que je vous écoule..,
EisîiïSTiNE. Mais vous aucicz bien tort de croire ipie c'est une inclination suspecte; car il m'a dit qu'il me trouvait eliarnwntc et qu'il m'aimait.
MADAME Dl'BOCAI.E. Qu'il VOUSaiUiait? (.'1 jW(>7.) Ah!
monsieur Dubocage! Mais comment est-il possible... que vous (|u"il eomiait à [leiue?..
ERNESTiNE. .Mais du tout... puisque c'est lui...
MADAME IIL'BOCACE. Comment lui!..
ERNESTiNE. Eli bieii! oui... lui, dont je vous parlais tantôt... c'est à Versailles que cela a etiinmencé.
MADAME DL'BOCAGE, Ù part. YoiUl duOC p(jUl\pioi il \
venait si souvent et incognito! [Hçmt,] Et c'est la qu'il vous faisait les yeux doux?
ERNESTINE. Oui, quand vous ne regardiez pas...
MADAME DL'BOCAGE. Laisscz-uioi, Mail.'uK>iselle,
ERNESTiNE. Eh! iiion Dieu, qu'avez-vous ?
MADAME Di'BOCAGE, uvec dignité. Laissez-moi, Mademoiselle, laissez-moi, et rentrez dans votre chambre.
ERNESTiNE. Oh! je m'en vais... mais il iv>ieudi'a, n'est-ce pas?., vous me le proineltez... Par exemple, je ne sais pas ce qu'a pia tante l {Elle rentre.)
SGÈiNE XV.
MADAME DL'BOCAGE, seule. Je vous le demande : à qui se fier?., qui aurait jamais cru que Dubocage, un homme respectable .. un président... lui, dont j'aurais répondu comme de moi... je ne puis croire encore... hein! qui sonne là?..