‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 421 sur 975 · ARMAND, MADAME DE SÉNANGE · texte numérisé non relu

ARMAND, MADAME DE SÉNANGE

MADAME DE SÉNANGE , à part. Jo rcspirc. Grâce au ciel, il n'a pas attaché à cotte mauvaise plaisanterie plus d'importance qu'elle n'eu mérite. [Haut.) Eh bien ! monsieur Armand, me voici. {A part.) 11 le faut bien, pour ne pas lui donner desoupçon,|<i skaoaw

ROMANCE. "'"V'';^"""': , /uni) guùv < i.li). t

En quittant ce rivage ■ ,, , ,^

Où mon cœur fut heureux.

Aux éclios du bocage

J'adressais mes adieux.

Jamais, quoique loin d'elle.

N'aurai d'autres amours:

Lorsque l'on aime Adèle, ^"""^ "''

11 faut l'aimer toujours.

Cerlainement elle est fort bien cotte romance. ARMAND. 11 y a tn second couplet.

MADAME DE SÉNANGE.

OECXIÈME COUPLET.

Dans l'oniVjix' tlu mystère.

Un amant mathmireux

Doit aimer, et te taire A l'olijut de ses feux.

Et s'il faut clans l'absence Traîner ses tristes jours.

Il part sans espérance.

Mais en aimant toujours.

ARSAND répète tes deux dertiiera veri.

Je pars sans espérance.

En vous aimant toujours.

{Il se jette aux pieds de madame de Se'nange.)

MADAME DE SÉNANGE. 0 cicl! mousieur Armand, que faites-vous, et que viens- je d'apprendre?

ARMAND. Ce secret que, sans l'arrivée de votre oncle, j'allais vous confier ce matin... Mais ce n'est rieu encore, vous if^norez à quel (loinl je s\iis coupable envers vous, et quand vous saurez qui je suis...

MADAME DE SÉNANGE. Quc ditcs-vous? achcvcz, ui'avez-vous trompée ?

ARMAND. Oui, Madame, je suis celui à qui vous fûtes destinée, celui que vous détestiez sans le connaître, et qui maintenant ne vous a donné que trop de sujets de le haïr.

MADAME DE SÉNANGE. Grand DiBu ! vous, monsieur de Saint-André?

ARMAND. Lui-même, Madame.

MADAME DE SÉNANGE, à part. Gràcc au ciel, le mal n'est pas si grand que je croyais; il m'avait fait une peur... (Haut.) Comment! c'est vous, Monsieur, qui depuis quinze jours êtes ici sous un nom supposé?

ARMAND. Le mien, si vousl'aViez connu, eût été pour moi un arrêt d'exil; mais vous devez vous rappeler que c'est malgré moi que je suis entré dans ce cluà- (eau; hélas ! c'est bien malgré moi aussi que jc m'en éloigne. ,,, ,, . ,,i , , ,,,, ,,

MADAME. DE, SB!^A^QB.. Et pourquôi?! qwt; vous force 9i;partn'? - , ^ i .,,,|,, , ,,, , ,

I ARMAND. Voire injustice^, yos;préiventions; oui, Madame, on vous a dit que j'étais un homme dur, insensible; on m'avait dit que vous étiez bonne, indulgente; convenez qu'on nous a trompés tous les deux.

MADAME DE sÉN.\NGE. Nou, saus doutc; voilà cc quc je ne puis vous avouer encore; mais il est vrai civ pendantqueje me suis fait de vous une tout aulre idée; et pour rétablir dans votre esprit ma répuiation de boulé et d'indulgence, j'ai bien envie de vous proposer une épreuve.

ARMAND. Parlez, Madame, commandez; que puis-je faire pour vous prouver mon amour, et me rendre digne de votre main?

MADAME DE SÉNANGE. Eh bien! s'il est vrai que vous m'aimiez, j'exige que, pendant trois mois entiers, à dater d'aujourd'hui, vous n'ayez pas la moindre querelle, la moindre discussion; enfin, que vous évitiez toute espèce d'affaires, même celles où vous auriez complètement raison.

ARMAND. Et les trois mois expirés, vous consentez à m'épouser?

MADAME DE SÉNANGE. Msîs jc crois qu'alors je le pourrais sans crainte.

ARMAND. Dieu! que je suis heureux! c'est comme si nous étions mariés; car apprenez, Madame, que ce que vous me demandez là est pour moi la chose du monde la plus facile, et personne n'est moins querelleur que moi. Enfin, vous avez vu ce matin quand votre oncle est venu nous interrompre, certainement j'avais là une belle occasion. "

MADAME DE SÉNANGE. Eh mais! celii ne commençait déjà pas mal. Enfin, vous connaissez nos conventions, vous voyez que je ne suis point injuste; jo dirai tout

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