ARMAND, MADAME DE SÉNANGE
MADAME DE SÉNANGE. Ail ! MoDsicur, coiiibieii je suis contente de vous! j'ai peine encore à le croire... si vous saviez à quel point cette preuve d'amour m'a tuiicliéc; mon oncle m'a tout dit, j'en connaissais déjà une partie; mais c'est surtout votre dernière entrevue...
AiiMAND. Comment! noire dernière entrevue?
MADAME DE sÉMA>r.E. Oui ; M. de La Durandière lui a laconté (ju'il venait dans l'instant lnèn^; de vous rencontrer suul dans une allée du pare , qu'il vous avait proposé, dans le cas où vous vous croiriez offen,sé, de vous donner satisfaction, et que vous l'aviez ref\isé.
AKMAND. Moi, Madame! qui a pu vous dire cela?
MADAME DE sÉNANUE. Comment! vous auriez accepté ?
ARMAND. Du tout. Madame, du tout.
MADAME DE sF.xANGE. \ la bonuc hcurc, VOUS ne pouviez nie donner une plus grande marque de tendresse; et depuis ce moment, je puis vous l'avouer, je crois que je vous aime.
ARMAND. Dieu ! il se pourrait ! Vous v»iyez. Madame, le plus heureux et le plus dôsespéi'c des hommes , car ce M. de La Durandière est un insigne imposteur que je n'ai seulement pas vu.
MADAME DE 8ÉMANGE. S'il en cst aïtisi , je rétractti l'aveu (|ue je viens de faire.
ARMAND. Non , Madame; non, gardez-vous de vous dédire; Uiais, je vous en supplie, rendez-moi ma parole, pour aujouixt'hui seulement; je vous jure bien ([u'à dater de domain... • \' , , .
MADAME DE SÉNANGE. Quoi ! à pcInc uiic dcmi-lieure s'est écoulée , et vous trouvez déjà notre traité trop pénible à exécuter"? vous êtes le maître, Mnnsicur; mais comme je tiens mes serments plus lidèlcment que vous, je vous préviens quosi vous donne* lamolndie suite à cette affaire, je ne vous reverrai de ma vie.
ARMAND, a part. Dieu ! que c'est cruel ! Êtiv obligé , pour lui couper les oreilles j d'attendre encore trois mois... le jour de mes noces.
MADAME DE SÉNANGE. Que dlteS-V0,U5Î
ARMAND. Rien. Je disais que le jour de mes noces {Avec une expression de colère) sera le plus beaujour de ma vIo.
MADAME DE SÉNANOE. A la boHUé liéuro. Ah ! muil Dieu! il y a tant de monde dans le salon, que voici une partie de la société qui vient de ce côté. M. de La Durandière niarche à leur tète.
ARMAND , avec une colite concentrée. M. de La Durandière!
MADAME DE SÉNANGE. RciU' qu'v a-t-il?
ARMAND. Rien. Je serai cliaimé de le voir. N'e.vigezvous p,>s au.ssi que je lui fasse d^s politesses?
MADAME DE SÉNANGE. Oli ! non; ct VOUS pouvez inèmc vous eu moquer, l'erniis h vous, pourvu toutefois que ce ne soient que des plaisanterie.s, et qu'on ne se fâche pas.
ARMAND, (i part. Dieu! si sans me fâcher je pouvais trouver quelque moyen de l'assommer incognito!