PARTIE ET HEVANCHE
SAiNT-ANnRÉ.i.iELTENANT-COiONEi.Conimciit, Monsieur,
c'est là réolliMiieiit.., AHM.VND. Mon véritable nom.
DE LA DUIiANDIÉRE, à part. Ail ? 11100 DiCll? CSt-CG
que ce serait ce fameux duelliste? (i,''î riant, à Armand.) Je comprends, Monsieur n'est iieintre (|ue pour son plaisir... vérilable amateur.
ARMAND. Celanem'empèdie pas, Monsieur, d'accepter votre proposition. {Le rcyardant de près.) Je suis trop lieiireux quand je puis ronconlrer des figures connne la vôtre. (.1 part.) C'est singulier, ses clievouv et ses moustaches ne me semlilent pas delà môm^ couleur. Eh ! mon Dieu! oui, ce n'est pas naturel.
DE LADiiRANDiÈRE. Qu'csl-cu qu'il a douc à mo regarder? {Se hdiarU de mettre un gant, et allant à madame de Sé?i(7»(y('.) On danse dans la salle à côté. Si Madame voulait me faire le plaisir d'accepter ma main?
MADAME DE SÉ.NANGE. VoloUticrS.
ARMAND, qui pendant ce temps a eu l'air de réfléchir. Ma foi, essayons toujours. {Il arrête de La Durandière au moment où celui-ci va offrir sa main à madame de Sénange, et, l'attirant à lui, il lui dit :) Dites donc, monsieur de La Durandiérc, est-ce que vous tenez beaucoup à vos moustaches?
DE LA DIRANDIÉRE. Pùurquoi doUC, MonsicUF?
ARMAND. Oh ! rien; c'est qu'il n'est pas convenable de danser avec des moustaches.
DE LA DLRANDiÉRE. Bail! à la Campagne!
ARMAND. C'est égal; dans voire intérêt, je vmis conseille de les ôter. ' ' ' !•
DE LA DURAiSDiÉRE. J'entcods, la plaisanterie est délicieuse.
ARMAND, lui pi-enant son gant. Non, vous dis-je, je "uis \otre ami, et vous les oterez, où vous ne danserez pas; je ne vous rends pas vos gants.
DE LA bURANoiÉRE, fort embarrassé et avec inquiétude. Ah ça ! est-ce qu'il saurait décidément?.'. N'estce pas que vous voulez rire?
ARMAND
AiB : J'en guette un petit de mon âge.
Oui, c'est là ma seule vengeance; Mais je la veux et promptement :
Souvenez-vous de mon obéissance, Sericz-vous donc moins obligeant?
Désolé si cela vous l'àclie, A votre tour de la docilité :
Sans besicles si j'ai chanté, Vous danserez bien sans moustache.
DE LA DiTRANDiÈRE fait UH qestc d'effroi, et reprend m riant: J'y suis; c'est pour divertir ces dames; il f illait donc le dire, parce que, si vous y tenez, moi je n'y tiens pas. (// arrache une moustache, celle qui est du côté d'Armand.)
ARMAND. L'autre, l'autre. {De La Durandiérc arrache l'autre moustache.)
MADAME DE sÉNANGE, s'avançant. Eh bien! dansonsnous? Dieu ! que vois-je? M. de La Durandière sans moustache !
M. DE CERVAL, et toutes les personnes qui sont aux tables de jeu, qui se lèvent en même temps, et viennent occuper le fond de la scène. Il serait possible !
DE LA DURANDIÈRE. J'étius sùr de votre étonnement: n'est-ce pas que cela me change du tout au tout? c'est une scène que nous avions préparée avec Monsieur.
ARMAND. Oui ; une scène, un proverbe, dont le titre est : LE PRÊTÉ RENDU. Monsieur et moi, nous nous prêtons niutuellenient sur gages.
Air de Julie.
Nous pouvons faire à préseut un écliange.
M. BE GEHYAL.
Est-ce bien vous? est-ce lui que j'entends? Grand Dieu! quelle aventure élraoye!
ARMAND
Dt^sormais juiez mieux les s*ns; C'e-;t le seul pi'i\ cpi'ii la leçon j'.iltaclie :
Les ricbes auraient trop de ccpur, Si l'un pouvait .ichetec la valeur
En achetant une moustache.
SCl'iNE XVI.
Les PRÉCÉDENTS, M.VDELEINE; elle entre en portant un plateau de rafraiclii.ssemenls et de petits gâteaux. Après en avoir offert aux dames, elle se trouve en face de M. de La Durandière; elle le regarde, et pousse un cri en laissant tomber le plateau.
MADELEINE. Dieu ! ccttc fois, je ne me trompe pas; c'est bien lui, mon oncle Durand!
DR LA DURANDIERE, cherchant a s'en débarrasser. Qu'est-ce que cela signifie ? qu'est-ce que c'est ([ne cela?
MADELEINE. Madeleine Durand, voire nièce, fille de Pierre Uuiand, votre frère, marchand de bœufs dans le Limou.sin oii vous êtes né. Allez, je vous reconnais bien, ni liiiti naiit qu'il y a moyen de vous voir. Ah çà ! mou oncle, vous êtes donc rasé ?
M. DE 6EHVAL. Mais à peu près, à ce que je vois. I 0£ LA DURANDIÈRE. Au diable la famille ! j'en retrouve partout.
ARM.AND. Ce doit être pour vous, Monsieur, un nouveau sujet de satisfaction cl de gloire, en pensant que d'eux tous, vous seul avez eu l'esprit de faire une grande et belle fortune.
MADAME DE sÉN.\NGE. Oui,sans doute; et quand vous donneriez à cette jeune fille une petite portion des trésors que vous avez recueillis à la suite de nos braves...
DE LA DURANDIÈRE. Eh bien ! eh bien ! on verra; je ne dis pas non; moi, j'ai toujour.î été bon enfant, c'est connu.
ARMAND. Je crois, Madame, que je nie suis exactement renfermé dans les conditions du traité; j'espère que cela n'a pas fait de bruil.
MADAME DE SÉNANGE. VouS aVeZ tCIIU VOtlC parolc,
je tiendrai la mienne ; vous saurez tout, mon oncle, et puisque vous voulez absolument que je me marie, j'espère que le choix que j'ai fait vous conviendra.
ARMAND. Je ne f oublierai pas, Madeleine; et si ton oncle ne fait rien pour toi, c'est moi qui te doterai.
DE LA DURANDIÈRE. N'oii pas, iiiorbleu ! OU pour le coup nous aurions une affaire en.semble. .Madeleine, Madeleine, je te donne vingt mille francs. Ah! vous ne me connaissez pas : excellent parent, joyeux convive. {A .-Irmand.) Enfeiiilant surtout la bonne plaisanterie. (."1 madame de Sénange.) Et comme je disais ce matin, intrépide et goguenard, c'est ma devise,
VAUDEVILLE
Air nouveau de HI. Ileudier.
H. DE GERVAL, à Armand.
Vous avez la vue un peu basse.
Mou ami, tout est iiour le mieux | Pour voir ch.z soi ce qui se [lasse Ou a souviint de trop bons yeux.
Si vous voulez, en bommj sage, Biea entendre vos iiitéièts; Pour être heureux en mariage, N'y regardez pas de trop prés.