SCÈNE III
PRÉCÉDENTS, LE COMTE ORY, déguise en ermite avec une longue barbe.
AIR
Que les destins prospères Accueillent vos prières !
La paix du ciel, mes frères, Soit touiours avec vous!
Veuves ou demoiselles.
Dans vos peines cruelles.
Venez il moi, mes belles.
Obliger est si doux !
Je raccommode les l'amilles, Et même aux jeunes fUles Je donne des époux.
Que les destins prospères Accueillent vos prières !
La paix du ciel, mes frères, Soit toujours avec vous!
LE COMTE ORY
^L'abbaye de Formouslicrs.
DAME RAOONDË.
Je viens vers vous !
LE COMTE ORY, la regardant.
Parlez, dame... tro|j respectable.
DAME RAGONDE
Tandis que nos maris, dont l'absence m'accable, Dans les cliamps mnsulnuuis moissonnent des lauriers, Leurs fidèles moitiés, quoiiiu'à la fleur de l'âge, Ont juié comme moi de passer leur veuvage Dans le château de Formoutiers.
LE COMTE, à part.
Où tant d'attraits sont prisonniers.
(Haut.) C'est le cliiteau de la belle comtesse
DAME RAGONDE
Dont le fréie au\ combats a suivi nos guerriers.
Et cette noble cliàtelaini-, Sur un mal inconnu, ipii cause notre peine. Veut aujourd'hui vous consulter.
LE COMTE, à part.
{Haut.) Ali! ip'el bonheur! l'rés de moi (pi'ello vienne,
Mon devoir est de l'assister.
(Se retournant vers les paysans.) Vous aussi, mes enfants .. Do moi pour qu'on obtienne, On n'a qu'à demander... Parlez; Tous vos souhaits seront combles.
CHCEUK, se pressant autour du comte.
Ah! quel saiut persouiiage!
C'est le bienfaiteur du village.
DAME RAGONDE
De grâce, parlons tous L'un après l'autre.
LE COMTE
Quel désir est le votre?
Que me demandez-vous?
LE CHCEUR.
Parlons l'un après l'autre.
Silence ! taisez-vous.
UN PAVSAN.
Moi je réclame Pour que ma lenime Dans mon ménage Soit toujours sage.
LE COMTE OHY.
ISOLIEK, lui donnaut une bourse. El cet oiïrande esl bien faihle. — Acie 1^"",
LE COMTE
C'est bien, c'est bien,
ALICE
J'ai tant d'envie Qu'on me marie Au beau Julien!
LE COMTE
C'est bien, c'est biea.
DAME RAGONDE
Moi je dcmanile Faveur bien giv.nde.
Qu'aujourd'hui munie L'époux que j'aime Ici revienne Finir ma peine; Que je l'obtienne.
C'est mon seul bien.
lE COMTE, à part.
Qu'un bon ermite Qu'on sollicite.
Qu'un bon ermite A de mérite!
[Se retournant vers les jeunes filles.) Jeune fillette, . Et baclielette, Dans ma retraite Venez me voir.
baim3Ai:d.
Vous l'entendez, il faut le suivre à l'ermilase. Rendez liommage A son pouvoir.
TOUS, entourant le comte.
Moi, moi, moi, bon eimite.
Je sollicite Faveur bien grande.
Et je demande De la tendresse.
De la jeunesse, De la richesse :
Exaucez-lious.
Tout le village Vous rend hommage... A l'ermitage Nous irons tous.
LAGNV. — Imcriiiii-rie He Vul*t et rie.
LE COMTE OilY.
{Lccnmie remonte ri son ermitage, siiiri île loiiles les filles. Diimc Iliirjonile rentre au chàleaii. Les paysans sortent jiar le fond )
SCliNli IV.