LA COIMTESSE, LE COMTE ORY
DUO
.\li ! quel respect. Madame, Pour vos vertus m'enllamme :
Souffrez que de mon âme J'exprime ici l'ardeiu!
Nous vous devons l'honneur.
LA COMTESSE
Je suis hem-cuse et tière D'avoir d'un téméraire Déjoué les projets!
Je suis heureuse et fière D'avoir à sa colère Dérobé tant d'attraits !
LE COJITE.
-Ml! dans mon cœur charmé de tant de grAce, Ne craignez pas que rien efface Le souvenir de vos bienfaits.
{Prenant sa main.) Par cette main, je le jure à jamais.
LA COMTESSE
Que faites-vous?
LE COMTE
De ma reconnaissance.
Quoi ! l'excès vous offense !
Ah ! sans votre assistance.
Hélas! lorsque j'y pense...
Quel était notre sort!..
Je tremble encor!..
LA COMTESSE, orcc bonté, et lui tenihtnt In main. Calmez le trouble de votre àme.
LE COMTE, pressant sa main sur ses lèvres. Ah! Mailame!
LA COMTESSE, Souriant.
Quel excès de frayeur !
Il fait battre mon cœur
ENSEMBLE
LA COMTESSE
,\h ! vous pouvez sans crainte Braver le comte Ory.
Ici, dans cette enceinte, On |ieut rire de lui.
LE COMTE, à pan.
Même dans cette enceinte, Craignez le comte Ory.
LE COMTE
On le dit téméraire.
LA COMTESSE
Je brave sa colère.
LE COMTE
Ou prétend qu'il vous aimo.
LA COMTESSE
Lui!.. Quelle audace extrême!
LE COMTE
\ vos genoux S'il implorait sa gnlee.
Madame, que feriez-vous?
LA COMTESSE
D'une pareille audace
La honte et le mépris
Seraient le prix.
Le téméraire Qui croit nous plaire.
En vain espère Etre vainqueur; Moi je préfère L'amant sincère Qui sait nous faire Sa fendre ardeur..
Mais on doit rire Du faux délire Et du martyre D'un séducteur
LE COMTE
Beauté si fière.
Prude sévère, BicntiMj'cs|ière Toucher ton cœur; Je ris d'avance De sa défense ; La résistance Est de rigueur...
LE COMTIi ORY.
Puis l'heure anive
LE GOUVERNEUR
Où la captive.
Eb! mais, quelle Irisie observance!
Faible et plaintive,
Rien que du laitage et des fruits.
Cède ail vaincpieiir.
LA COMTESSC.
C'est le repas de l'innocence.
Voici vos compagnes (Wélcs
Me>dames.
LE COMTE
LE GOUVERNEUR
{Se reprenant.)
Point de vin!
Je les entends. . ce sont eux... rc sont elles!
|.l part, et regardant par le fond )
Mes chevaliers! sous ces lunnlilcs habits!