CANTABILE
Quand renaîtra l'aurore.
Quand le jour (inira,
Je viendrai dire encore
Le nom de Ginevra!
Jusqu'à l'heure suprême
D'ineffables amours,
Où, près de ce (pi'on aime.
On peut aimer toujours.
Ainsi sur ta cendre glacée, Ginevra, je viendrai gémir.
A toi, ma dernière pensée, A toi! . mon dernier soupir!
{// s'approche de Ginevra et veut soulever le voile qui cache ses traits. — En ce moment 'J éobaido et les deux moines sortent des caveaux du fond , dont ils referment la grille; à ce bruit, Guido se rclourne.)
TÉOBALDO.
;\Ion frère ! il faut partir, et loin du saucluaire Il faut porter vos pas.
GUIDO
0 ciel !
TÉOBALDO.
De ce caveau je vais fermer la pierre.
GUIDO
Laissez-moi dans ces lieux ! ne m'en arrai-licz pas !
TEOBALDO.
Il le faut !
[On entend la cloche du couvent ) Enicndez-vous?.. c'est l'heure !
Et dès qu'elle a sont.é... nul ici ne demeure. Retirez-vous !
GUIDO
Tu veux donc que je meure !
{Hésitant.) Ah!., si j'osais !.. vois mes sanglots, mes pleurs! Quand tu les connaîtras, tu plaindras mes douleurs!
CAVATINE
Ici, je vous implore.
Qu'un seul moment encore De celle que j'adore Je contemple les traits.
Ah ! laissez-moi cette image si chère !
Prenez pitié de ma misère.
Je veux, c'est ma seule prière !
La voir encore et puis mourir après.
Le peu que je possède,
Cet or et ces bijoux...
Prends... mais viens à mon aide.
J'embrasse tes genoux!
Sur ce lit funéraire
Est celle qui m'est chère.
C'est là tout mon bonheur!
Je l'entends qui m'appelle.
Et son ami fidèle Veut expirer près d'elle D'amour et de douleur!
GUIDO ET GINEVRA
Ici, je vous implore.
Qu'un seul moment encore De celle que j'adore Je contemple les traits!..
La voir ! la voir encore !
El puis mourir après !
TÉOBALDO.
Ile CCS lieux consacrés ne troublons pas la paix. GiiDOj avec désespoir, et pendant que Te'obaido et les moines l'entrainent.
Adieu donc !.. adieu pour jamais !
[Ils remontent l'escalier. — Onreferme la porte du ca- V au. — Téolialdo, les deux moines et Guida disparaissent sous les arceaux de l'église.)