SCENE m
GINEVRA, seule, blessée, se traînant avec peine, et venant de la rue à droite.
Conduisez-moi, mon Dieu!.. — Sur la neige glacée Mon sang trahit au loin la trace de mes pas!.. — Je me sens défaillir!.. — Chassée... il m'a chassée!.. Et dans ces murs déserts où règne le trépas. Dans l'ombre de la nuit où donc porter mes pas? Ah! le ciel enGn exauce mes prières,
Oui, c'est le palais de mes pères!
Ahl que je puisse au moins en atteindre le seuil...
{Elle remonte avec peine les deyrés du palais et saisit le marteau d'airain qu'elle laisse retomber. — Elle écoute, et frappe une seconde fois.)
Nul ne répond en ce séjour de deuil!
{Rassemblant ses forces et criant. ) C'est moi!., c'est Ginevra!.. qui de frayeur succombe! 0 silence effrayant!., c'est celui delà tombe! [Appelant.) Mon père ! . .
(Elle écoute, et s'écrie avec désespoir.) Ah!., mon père n'est plus!..
Les cris de son enfant... il les eût entendus!
{Redescendant les degrés du palais.) MonDieu!. mon Dieu! Pourquoi vivrais-je encore? Là... vers mon cœur se glisse un froid mortel... {Tombant sur les dernières marches de l'escalier.) Ils me retrouveront demain avec l'aurore Pâle et glacée... au seuil du palais paternel!