‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 543 sur 975 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

Les précédents, MADAME GIRAUD.

MADAME GIRAUD, accowant au bruit. Eh ! mon liieu, qu'y a-t-il donc?

DliOGLlGNARD. Exclurc uu ailii, ct le renvoyer à jeuni

ADÉLAÏDE. Un ami ! vous. Monsieur, qui dès le premier jour du mariage cherchez à semer la discorde entre nous. Vous qui donnez de mauvais conseils à mon mari. Ci(Çez-vous que je ne m'en sois pas déjà aperçue?

■MADAME GIRAUD. Ma fiUc, dc gràcc ; y pensez-vous?

ADÉLAÏDE. Eh! non, ma mère, laissez-moi. Voilà une heure que je me modère pour ne pas traiter Monsieur comme il le mérite. (.1 Sébastien.) Oui, il voudrait éteruellement vous tenir en tutelle, vous trader en esclave; mais j'y vois clair, ct je ne le souifrirai pa^.

madame GIRAUD. Mais, ma fille, encore une fois...

ADÉLAÏDE. Mais, lua mère, je vous répète que je puis bien parler. El je prie Monsieur de ne plus remettre les pieds chez moi. (Elle va s'asseoir sur un banc.) Qu'est-ce que c'est donc que ça? 11 n'y a pas moyen d'y tenir.

MADAME GiB.KVD, qui pendant toute cette scène cherche à la calmer. Mais, ma fille!

SÉBASTIEN, de l'autre côte du théâtre. Ma chère Adélaïde !

MADAME GIRAUD. Aussi, mongcudrc, c'est votre faute. Vous vous y êtes mal pris; car c'est la première fois de sa vie que je lui vois un moment d'humeur.

SÉBASTIEN. Par exemple! si c'est moi qui ai t u-t...

LA DEMOISELLE ET LA DAME

DRoci'iGNABD, Lûs, à Sébastien. Hem! Qu'en dis-lu mainlenant ?

SÉBASTIEN, de même. Dame, je ne sais trop qu'en dire; mais je crains comme toi que nous ne nous soyons peut-être trop pressés.

DROGi'iGNARD. Voilà le mot que j'attendais; et tu es maintenant en état de m'entendre. As-tu pu croire, Sébaslien, que Ion vieil ami t'abandonnerait au moment du danger?

SÉBASTIEN. Que veux-tu dire?

DROGDiGNARD. Qu'il fallait te sauver malgré toi; et c'est ce que j'ai fait.

SÉBASTIEN. Comment! il serait possible...

DROGUiGNARD. Vicps, vicns, je vais tout t'expliquer.

MADAME ciRAUD. Eh bico ! fflou geiidro, vous vous en allez ? Vous ne voyez pas dans quel état est ma fille?

SÉBASTIEN. Mon ami, c'est vrai ; elle a l'air de se liouver mal.

DBocuiGJiARD. Sois douc tranqulIlc.

Air ; Allez-voits-en, gens de la noce.

Un peu de calme est nécessaire.

Votre fille en a grand besoin.

MADAME GIRAUD

Mais le festin?

DROGUIGNABD.

En belle-mère Djisjnez vous charger de ce soin.

MADAME GIBAUO.

Mais le bal ?

DROGUIGNARD.

C'est un peu précoce.

Attendez pour le commencer; Vous auriez tort de vous presser :

Tt'l souvent se croit à la noce, ^ui s'en retourne sans danser.

{Ils sortent.)

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