‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 542 sur 975 · SCENE XHL Les précédeists, ADÉLAÏDE · texte numérisé non relu

SCENE XHL Les précédeists, ADÉLAÏDE

ADÉLAÏDE. Vous voycz quc je n'ai pas été longtemps.

SÉBASTIEN'. J'en suis d'autant plus satisfait, que j'avais une grâce à vous demander.

ADÉLAÏDE. \ moi? une grâce? vous savez bien. Monsieur, que c'est à vous de commander.

DROGLiGNARD. Amervellle! (Bas,oSc6M//c)i.) Ehbien! tu hésites déjà. Je m'en vais lui dire moi-même.

SÉBASTIEN. Non, du tout. Laisse-moi faire; j'ai trouvé un biais. (Haut.) Ma chère Adélaïde, je réfléchissais tout à l'heure, et je me disa's que nous serions peut-être beaucoup de inonde à table. (Bas, à Drorjuiiinard.) Vois-tu, comme cela, ça n'a pas l'air... [Haut.) Et alors, vous comprenez que s'il y avait une personne de moins, n'importe qui; mais enfin j'aimerais mieux, si cela arrivait, que ce fût votre cousin; voilà pourquoi je vous prierais de lui dire...

ADÉLAÏDE. El pour quelle raison?

SEBASTIEN, emijarrassr. Pour quelle raison? (Bas, à Droijuignard .) Dis donc, mon ami, elle dmiaiide pour quelle mison. Qu'est-ce que je vais lui répondre?

DnoGLiCNARD. Pacblcu, dis-lui ([ue tu le veux; ccl i doit suflire.

sÉB.vsTiEN, à part. Au fait, c'est un mutif, comme un autre. (Haut.) Eh bien! M.adame, c'est que... je... (.1 part.) C'est singulier, quand on n'est pas fait à ce mot-là.

Air : Comme il m'aimait I

Oui, jo le veux, {bis.} {A part.) Voild la parole fatale.

DROGUlCNARD.

Votre époux a dit, je le veux; Tout est fini, c'est pour le mieux.

D'après le Code et la morale, Toute la charte conjugale^

C'est : je le veux, (bis.)

ADÉLAÏDE fait un f/estc de colère, pais se reprend et répond doucement. l'ui.si|ue vous le voulez, Monsieur, j'obéirai. Jc va-is dire moi-même à mon cousin qu'il ne peut rester à diner; mais vous connaissez ce qu'exigent les convenances. Puisqu'on exclut mes cousins, vous ne pouvez, de votre côté, admettre que vos trèsproches parents.

SÉBASTIEN. Ce qu'elle demande là est tout naturel; je n'inviterai à diuerque mes proches parents.

DBOcL'iGNARD, le tirant par son habit. Eh bien ! dis donc, et moi?

SÉBASTIEN, à Adéldide. C'est juste, et Droguignard aussi.

ADÉLAÏDE. Et pour quelle raison? est-ce que Monsieur ser.iit de votre famille?

SÉBASTIEN. Non; c'est un ami.

ADÉLAÏDE. C'est-à-dire que, de notre coté, nous renverrons des parents, et que, du vôtre, vous inviterez des étrangers; j'en suis fâchée, mais Monsieur ne dînera pas.

DiioGuiGSARD. Commcut ! je ne diiierai pas.

ADÉLAÏDE. Non, Mousicur.

DRuGiiGNARD. Qui m'en cmpèchera?

ADELAÏDE. Mol,

DliOGLlGNARD. Et pOUr qUOl UlOtif ?

ADÉLAÏDE

Air : Comme il m'aimait!

Je uo veux ]>as, (fcis.) Ce mot-là seul doit vous suflire :

Un mari peut bicu, ici-bas.

Dire : Je veux ; mais, ilaus ce cas.

Ce code qu'on veut uous prescrire Ne peut nous empùclier de dire :

Je ne veux pas.

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