‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 576 sur 975 · SCÈNE t; JOLIVl'T, cm poêle; AUGHSTIi. \ Itfijti, PIEULÉGEli · texte numérisé non relu

SCÈNE t; JOLIVl'T, cm poêle; AUGHSTIi. \ Itfijti, PIEULÉGEli

ET DEUX .lUTIIIÎS CLRKf'?:

CHŒUR

Am du Pas d'ci ti-'ois Côiièiiiis.

A l'olnili' il f.int tous nous reiidrof Tiava lltiiis ilu malin ail soir:

Jiiniais ju lie me (ais illcuidre Lorsque m'appelle le (Imi T'.

VICTOR, (i ÂtKjiisle.

Te vcm1;i ï

PIEDLÉGEn.

Quelle exacUtiule !

AUGITSTE.

Je ne me fais jamais prier, Et je viens toujouis à l'étude Quand je passe dans le ipiarlicr.

TOCS.

A l'f'tude il faiit tons nous remlrc, Ktc., etc.

TOUS. Bonjour, monsieur Jidivet ; bonjour, monsieur Jolivet, comment vous portez-vous?

joi.ivKT. Enfin voilà l'étude ipii arrive!., c'est bien heureux ! il ne manque plus que le maître clerc.

DiiiEL.viR, entrant avec des papillotes. Eh bien! qu'est-ce. Messieurs? nous arrivons bien tard aujourd'hui.

viiiTon. Tiens! lui qui parle, I.' voilà qui descend.

ucur.LAm. Du tout; je suis venu de très-bonne heure à l'étudi.', et j'étais remonté pour ail'aire inilispensable : M.Letellier m'attendait.

joi.ivKr. Qu'est-ce que c'est que ce client-là?

Di'iiEL.MR, tenant un dossier. C'est mon coiffeur; je vous consL'ille de le prendre, vous en serez contenf. Où est ce jugement à sigidlier ? Snriout pour les faux toupets.

.muvKT. 0 temps! ô mœurs! un maître clerc en papillotes!

Am de la Calncoua.

Chez nous, c'était une autre aulieunCj Et l'on venait coiU'ei', je crois, r,i' lu'iiciireul' clni|ue semaine Bt tes clercs une lois [lar mois.

E\mt )Mnir décorer notre nmiuc, S cadenelte suflisnit, Ça se tenait Sous le bonnet.

PIEULEGER.

Éli'mais, chez vous, en effet,

, L'on vovait BitHiilHs de tiMes à perruque, El tfier fio'ns bien i)lus de toupet.

nidèt.Mfi. MëSsiëWb, il faut travailler aujourd'hui; nriiis sfjHlmes ât-câffe d'ouvrage. Voilà un jugement dont II faut qnHIze èttpies.

auccste. je iTi'feii tJTiîtrge.

vrCTpR. Lais§(> ÛfJn'c; j'en prendrai la nioitii', ce sera plus tôt fait; je tti'y hicts sur-lechamp. Rose, à déjeuner ! ,

TOCS LES Ai'rSfes: L'fcst juste, c'est juste; à déjeuner!

AicuSTR. Moi; j'SÎKie assez le déjeuner, parce que ça repos(! et bi titiUttl' la matinée.

.liii.itÈT. Olil, aH'C cela (|ue vous avez bien gagné voJK' uiatiiiéè... [Vendant ce temps Rose apporte d'une main iik jiiiijiiet de tetires et de jourrtau.r qu'elle, jette sur le fiôcl'é; ("'{ de l'autre des couteaux, du pain et du vin. Tdiif té iiionde i^st au wdieu de l'élude, excepte le inaitH- clè¥c ^i(i est à son bureau , cl Piedlécjer à la table fn l'ace, Ijitilrdvaillesans reliklie.)

ÀioCSTE.

', Am de Pnl-tif. carrée.

.\\\iifiil nWhih, il trifli hniis inettre à laide; ;. Riais Nra'iii'nt nmis sninlnes transis. Sicts niie (iftrh •. 11 l.iil un froid ilu iliatile .. Joii^ET.

Une (le plui:! On vléijt d eii mellrc six! ACGCSTE, à Victor, qi'i prend les journaux pour allumer le feu.

Eh maisi Victor, ipie viens-tu ilojc de l'aire? Gomment, tu prends nos journaux?

VICTOIl.

Oui, morbleu !

Ils font ici comme à leur ordinaire, Ils atlunient le feu.

Tiens, vois plutôt comme ça prend déjà!

AUGUSTE, caressant Rose. Ah! ma petite Rose, tu es bieii gentille; qu'est-ce que tu nous donnes là?

nosE. Un pâté de Lesagc.

JOLIVET, se levant en colère. Un pâté de Lcsage !

VICTOR. 11 n'y a que cela? Tu ne niius as pas fait quelque chose de chaud?

ROSE. Non, ma foi, je n'ai pas le temps ; je suis obligée de sortir pour des commissions.

AtGCSTE. Allons!., allons à table. (Coupant le pâté.) Monsieur Dubclair, vous n'en êtes pas?

uriiELAiR, d'un air d'importance. Non, Messieurs, je ne prends jamais rien à jeun.

VICTOR. Eh bien! il est bon celui-là.

iiiBEi.Au\, tirant sa numtre, à part. Sans compter... (|ue j'ai à onze heures un déjeuner de garçons chez le maître clerc de Rcrnard.

AicusTE. Et vous, monsieur Piediéger?

JOLIVET. Quel est celui-là?

AUGUSTE. C'est le coureur de l'étude.

JOLIVET. Oh ! le petit saute-ruisseau.

AUGUSTE. Piediéger, veux-tu déjeuner?

iMEDLÉGER. S^uis doutc; miisapporlcz-moi ma part.

L'INTÉRIEUR DE L'ÉTl'DE.

j'ai là de roiivragc qui doit être fini ce matin.

joi.ivET, pendant que tous les autres manrjent, ref/arclant Pie{llc(}fr. En voilà dorib (m rie la vieille roclie! c'est dans ce coin-là que se sont réfugiés les principes. (fis sont groupés différemmeni, les uns à la tdhlejes autres debout, manf/eant snt le porte.) C'est qn'ils ne manjïeni pas, ils dévorent... ctdii vin ! dn vin dans une élude!., et autant que j'en puis juger, ea lil'a l'air d'un excellent ordinaire.

VICTOR, la bouche p/c/;ie. Dites donc, monsieur Jolivct, si vous n'avez (la.s déjeuné...

McrsTE. Si vous vOtiliez être deS n'Atves, sans façon.

joLivKT. Parhlini! je veux voir par moi-même ju.s- (|u'à quel point... [ifaut.) .l'ai liien là-haut mon café; mais, pour avoir le plaisir de déjenncr avec de la jeunesse... ( ]'ictor et Jotlvet aident à débarrasser la table; en ôlanl tes papiers et les jjlumi's, et tu; sachant où en poser une, Julivet la place par habitude sur son oreill".)

VICTOR. \ merveille; place à notre doyen. Tenez, monsieur Julivet, à votre santé !

AucesTE. Quel spectacle ! la nouvelle et l'ancienne basoche qui Irinqnertt tiriscnitile.

Am tic la Sentinelle.

.Saint, Messieurs, salut :i notre ancien, (,)n"on ^it jailis l'hofifieur de la ha^oehel De Sun éluile iiitrëpiJe sonlien, Il fnt sans pcûr et presclnc sans reproche; .\vee SCS clercs, que iia voi^ ralliall, Du B -afnais imitant la cijr.lunie,

Liii-mOine au combat les uniiiait,

Et chaque plaiJeur palissait

Aussitôt qu'il -Voyait sa pttiint.

J0I.1VET s'incline et boit à leur santé; puis, aprè.^ avoir bu, fait une grimace d'indignation. Quel scandale! c'est du bourgogne, du bouri^oguc le plus pur. [Le goûtant encore.) Quel dommage ! un vin qui aurait supporté l'eau. {liegardaftt le verre.) .J'aurais mis làdedans les deux tiers... et ça àurAif encore en dn corps et de la couleur... 0 abondance de l'àj-'c d'or, où es-tu?

VICTOR, rangeant la table. C est que j'aurais encore lAi une fois... et qu'il n'y a ph(s de vin. Rose! Rose!

ACGisTE. Ce n'est pas la peiné, elle a laissé la clé à l'armoire.

VICTOR, ou yrmJ l'armoire. OhlMessieurs, Messieurs, une découverte.

Tois, se levant. Qu'est-ce que c'est?

VICTOR, l'n panier de vin de Frontignan.

joi.ivET, se cachant la tête dans les nuiim. Pauvre Fronligniui ! c'est fait de lui.

AiGcsTE. Je sais ce que c'est. On l'a monté parce que notre patron donne aujourd'hui à diner.

VICTOR. Oh bien! alors, pas de bêtises; je reraels le panier.

joLivET, stupéfait. Comment! il en réchappe?

AccisTE. Sans doute; il n'y a pas de farces, puisque l'avoué est Imn enfant.

JOLIVET. Ah bien ! de mon temps il y aurait joliment passé.

VICTOR, se mettant à écrire. Allons, allons, maintenant ça va aller vite. [Ils sont tous et leurs bureaux et travaillent avec ardeur.)

jjLiVET. Les voilà tous à l'ouvrage ! ce n'est pas sans peine.

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