DERVILLE, FRANVAL
CERViLi.F.. Je su ischarmé, Monsieur, de vousretrouver ençiire chez nini ; j'avais été forcé de m'absenter.
FRANVAi.. Oui, .Monsieur, je sais pour quelle raison, mais vous étiez ici dignement remplacé. J'ai beaucoup a]i|ii'is dans la conversation de votre maître clerc, et j'en ai fait mon profit.
DFiiviLi.E Oui ; vous l'avez peut-être trouvé un peu Irop craintil, un peu timide.
FRANVAL. Corbleii! quelle timidité!
bERvn.LE. Apri'S cela, c'est uu garçon en qui j'ai beaucoup de conliance.
FR \NVAL Je le crois bien ! tel clerc, tel avoué. Je vous disais donc. Monsieur...
Di:[;vn.LE , lui faisant signe de s'asseoir. Je sais de quoi il s'agit ; on vient de nie l'expliquer. Puis-je vous demander d'abord qui vous a adressé à moi ? '
FiiANVAL, o par/. Qui? morbleu! (ifau?.) Votre nom... votre l'éputalion.
DLRvu.LE. Monsieur, je VOUS remercie de cette marque d'csiime. (.4 part, lé regardant.) Allons, quoique hru-que, il m'a l'air d'un brave liommc, il faut le traiter (U conscience. [Ilaui.) Je crois qu'en clTet le bon droit est pour vous ; mais faut-il vous parler avec franchise?..
FRvNVAL, brusquement. Si ça se peut, pourquoi pas?
DERVILLE. Il paraît que vous êtes dans le commerce, que vous êtes immensément riche?
FRAN\AL. Cela ne l'ail rien à mon affaire.
tiERviLLE. Si vraiment.
.\iR du vaudeville des Amazones.
Quoiqu'avoué, vous me croirez, je pense;
Mais je vous suppose discret.
Et je veirx bien éii conscience Vous dire ici notre secret.
Ktre vaimiueur est sans doute une jrloirc.
Mais en combats comme en procès, Alil crojez-moi, la plus belle vidoire Ne vaut jamais un bon traité de paix.
FRANVAL. Comment! Monsieur, c'est vous qui me conseillez un arransemcut!
DERvn.LE. Oh! vous allez jeter les hauts cris, je le .sais; mais calculons un peu. Que d'cniieiiiis cette affaire va vous susciter! que de regrets vous vous préiiarez! C' lui (pii plaide, .Monsieur, n'est plus le même honnue: son humeur, son caractère, tout change chaque jour, à chaque incident de son procès ; et pour une soixantaine de mille francs, dont vous n'avez pas besoin, vous allei sacrifier pendant deux ou trois ans, votre bonheur, votre joie, votretranquillité !. . Non, Monsieur,
Air du vaudeville de Turenne.
'\'ous m'en croirez; à moitié, je l'espère, Nous obtiendrons un bon arrangement. '