‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 586 sur 975 · FRANVAL · texte numérisé non relu

FRANVAL

§uûi ! vous parlez d'arranger uae alfaire ! ub de notre Age on médise à prv'Seut!

0 siècle heureux! siècle étonnant!

Où le savoir avec l'esprit s'accorde.

Où nous voyons enfin à l'unisson Les jeunes gens et la raison, Les propureurs et la concorde.

A moitié prix, c'est très-bien; mais vous m'avouerez que sacrifier ainsi trente mille francs...

DERVILLE. C'est iiioi qui les perds; c'est-à-dire moi et mes confrères : car noire pari allait là.

FRANVAL. .Mais, vous qin parlez, Miinsienr,à ce train de vie-là, vous devez vous ruiner; car enfin, vous venez de faire là une mauvaise affaire.

DERVir.LE. C'est ce qui vous trompe; car je viens d'acquérir votre estime, votre amitié et votre clientèle.

FRANVAL. Ma clientèle!

DERVILLE. Oui, Mousicur. Vous clés négociant, vous avez des procès ou vous en aurez, de ces procès qu'on ne peut pas éviter; vous viendrez à moi, j'eiisuissùr; vous me donnerez votre confiaiice, pu .pliUg}, fencz,jc lis dans vos yeux : je l'ai déjà! u . ,

. FRANVAL, lui donnant une poignée de îtiam. Oui, Monsieur, vous l'avez; et j'aime mieux vojis en crojce vous-mêiue que tous les rapports tpi'ou a pu me l'airi'.

DERVILLE. Vous avez raison : nous valons mieux (pie notre réputation ; vous le verrez. Vous allez me donner le nom de quelques-uns de vos adversaires; j'ai ce soir une espèce de petit bal; je vais les inviter. J'espère que vous me ferez aussi le plaisir d'accepter un verre de punch, et nous commencerons à entamer notre afTairo.

FRANVAL. Comment! au milieu d'un bal?

DERVILLE. Je n'en fais jamais d'autre. Ce n'est pas dans le cabinet, c'est dans le salon qu'on traite les affaires. Vous croyez peut-être que c'est pour mon plaisir que je vais dans le monde; du tout, c'est encore uiic spéculation. Le matin, oii voulez-vous (pie je rencontre mes confrères? pas un n'est chez lui! tandis que le .soir, allez à un écarté, ils y sont tous.

FRANVAL. Je conçois. Mais vos conférences doivent vous revenir un peu cher, et j'ai entendu dire que votre goût pour la dépense, pour la société...

DERVILLE. Ne blâmez pas cet usage-là. L'homme d'affaires dans son cabinet est dur, intraitable, intéressé : c'est l'habitude du monde, c'est la société des femmes qui le rendent plus doux, plus aimable, plus généreux. Les femmes, Monsieur, ont sur nous une iiinucnee... tenez, les jours où je dois voir celle que j'aime, il me semble que je suis meilleur, que je suis |)lus conciliant : j'arrangerais les affaires de tous mes clients. , , !,

FRANVAL. J'entends : elle vient ce soir.

DERVILLE. Vous l'avcz dît, Mousicur; et vous la \er-

L'lNïl':niEUR DE LÉTUDE.

ao.T

i(z; vous verrez comme mon Elise est julio! je suis sur c|iiVlle vous iilair.i.

l'iiANVAi.. Ah(\i! qu'elle n'aille [las vnus faiie oublier mon affaire.

UEKvn.LE. Soyez tranquille : le devoir d'alioril et le plaisir après.

KRAxvu.. Touchez là, monsieur l'avoué; vous èles un aimalile jeune homme! et comme vous disiez tout à l'iieinv, je conuiieuce à croire que vous avez l'ail nue lionne spéculation.

Page 1