‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 587 sur 975 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

Les précédents, JOLIVET.

JOLIVET, avec une liasse de papiers. Enfin, ypilii! ce n'est pas sans peine; on in'a donne toutes les pièces.

iiErivH.i.E. Je vous remercie; nieltez-les là, mon maître clerc les parcourra.

KiiANVAL. Comment ! votre maître clerc, est-ce que ce n'est (las .Monsieur?

iiERViLLE. Non : c'est l'ancien prQCur(;ur à qui jiur I arteiiait celte étude, celui qui me l'a vendijc, et 3. uiii je la dois.

i-iiANVAL. Ah! vous la lui devez? je comprends maintenant les éloges. [A part.) Un procureur de l'iige d'or.

JOLIVET, à Derville. Et pourquoi ne pas cxajjjj^r tout de suite? '1

iiEnviLLE. Ce serait inutile : j espère entrer Cfi ^j:;, rari^'-euient.

' jiii.iVËT. Enarrjngemcnt !.. une capsc,^!jpei,"^p,fi^if le succès est immaïKiuablc!

DERVILLE. Oui; mais j'iji cxpliqii'é ? Monsiqu^"...

JOLIVET. Il n'y a pas d'explic;itions; et vous devez rnème, dans rintcrèt de votre client, le forcera iilaider. Oui, Monsieur, yous plaiderez ou vous êtes déslionoré! '

niANvAL. Eh mais! Afonsicui^, je , ne ing .^uis pas, encore prononcé; je ne dis pas' que je ,'iîe' plaiderai pa>. (.1 Derville.) N'c fût-ce que pour avoir le plaisir d'enlretenir votre connaissance^ et d'aller souvent au hal.

iiERviLLE. Allons donc, vous plaiderez...

KRANVAL. Non, Moiisîeur; mais je veux au moins que viins examiniez mon affaire, et alors, si elle vous semlile douteuse...

JOLIVET. Douteuse... douteuse... Monsieur, dès qu'il y a doute, on plaide; et même quand il n'y en a pas, il faut encore voir.

DERVILLE. Puisque VOUS Ic voulez ahsoluiuent, jo ne puis VOUS refuser cette salisfaetiiui. Voyons les pièces, d'ahord le testament. (Ils .i'as.ieijent tous les trois.)

DERVILLE, lisant. « Aux États-Unis, etc. Par-de- « vaut, etc., est comparu Louis-Charles de Menneville, « comte de Durfort...

JOLIVET. Qu'est-ce que vous dites donc là?

DERVILLE. «Qui doiuic ct cèdc par ces présentes^ à « son neveu Emmanuel de iJijrfort.

JOLIVET. Je n'ai pas une goutte de sang dans les veines !

DERVILLE, regardant Jolivet. « Le domaine de VdlieTS...y> Mais je connais cela!

JOLIVET, «(■ levant furieux. L'acte est faux!

DERVILLE. Comment! ce serai)...

JOLIVET. Oui, oui ; niais vous ne iilaiderez pas : il v a prescription; ei d'ailleurs, je l'ai Itieii et légitimement payé de mes propres deniers.

FRANVAL. Eh! mon Dimi, qu'est-ce que ca veut diiv?

DERVILLE. Que Miiiisieiir (St l'acquéreur du domaine .. et, coiniiie tri, viitre adverse partie.

ERANVAL. Comment ! cet ancien prucuiT:ur à qui vous devez votre charge?

JOLIVET. Oui, Monsieur, nia'S c'est uni' horreur! une infamie, d'oser élever ile pareilles réclamations!

ERA.wAL. Lue cause superhe! disiez-vons.

JOLIVET. El II' est [litoyahleL. jju pc peut pas dépouiller nu acquéreur qui est i|.C bonne loi; et je l'étais ; car j'ignorais compli''t''inent... Jp li; disais encore ce niatnià Monsieur... Et s'il pnleud yfig intérêts, il doit vous em|ièclier de plaider.

FRANVAL. Je serais d sliunoréj

DERVILLE. Mais, Messieurs...

JOLIVET. Pfij .. daignez loi expliquer...

FRA.NVAL. jjp'y a pas d'explications; (.1 Derville.) cl dans l'intérèl de votre client [h ce que Moiisimir disait tout à l'hc'uj'e), vous devez l'oliligi r à |iLiider.

DLRyiLLE. (."est en évitant une procédure ruineuse ipie je croyais prendre vos intérêts; piaisee que vous j'eiiez de ine dire suffit; et puisque vous le viuihz, jp me charger.ii de l'aflairq. '

JOLIVET. 11 ne s'en aviserai pas, ou, morhleu ! dès demain j'exige le yaipinent ^e nia charge et je le ruine.

DERVILLE. 3ilo!isj|i(^i;,jliJSp{}}Jjla|jli;j(iienaces ne m'arrêteront pa?.

JOLIVET. ^on... jsji hieji! u^prblcul nous verrons... El songe que si tu (^jjg u}je seule sjgnificatîiiii dans g;tlp aMf^% fij'pfe ifàBgÇr'^ja niaia.^cl'Elise^de P|'ciii}tat. ' ' , 1 , .|

FRA,SyAL. Que youlezrvous dire? " ' '

DLRviLi.E, froidement. Riep,rien, Monsieur; ce sont des considérations particulières qilj ne m'enqièchcrolit pas de plaider. Vous avez rnà parole.

JOLIVET. Eli hien! commesubro^é'liiteurd'Elise, demain je la marie à un autre.

FRANVAL. Et moi, comme son tuteur, je la lui donne aujourd'hui même.

JOLIVET. Grands dieux! son tuteur! quoi! vous seriez...

FRA.NVAL. Franval, banquier de Hambourg.

DERVILLE, stupéfait. .Monsieur Fraiival!

FRANVAL, à flcry/We. Lui-même, qui voulait te connaître, et qui est coulent de son épreuve. Oui, monsieur Jolivet, je lui donne en mariage ma nièce et cent mille écus; ça vous convient-il, ct croyez-vous que cela puisse payer votre charge?

JOLIVET. Certainement, Monsieur.

FRANVAL. Et quant au procès que nous avons ensemble, et auquel sans vous je n'aurais jamais pensé, niius l'arrangerons comme vous voudrez; ça vous ronvient-il?

JOLIVET. Monsieur... il faut que ce Miit vous, car c'est le premier de ma vie que j'aie arrangé.

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