SCÈNE IL Les prkcédems, GBUCOURT, en robe de chambre
GKRCOUKT. Tout à riieuiT, mon cher Jaroliii. Voilà liien rimpatience d'un nouveau mai'ié. J'achève ma toiletle et je suis à vous. (H referme lapurte.)
MADAME DURAMD. Ah! Monslcur venait loucher la
dut.
Di'RAND. Cent mille francs, ça eu vaut la peine.
JACOTIN. Certiinenu ut je ne regarde pas à cela, et Barnahé-Guillaume Jaeolin, qui a déjà fondu une partie de ses lapitau.v dans une foule de fournitures phis avautai;euses les unes que les autres, est. Dieu merci, nu assez bon parti pour n'avoir qu'a choisir et Jeter II- moucliûir; mais, voyez-voiis, une jolie femme et nue jolie dot ne font jamais de tort à nue maison de connnerce, quelque solidement établie qu'elle soil du resle... A propos, a-t-on envoyé mes billels de faire part?
DURAND
Air : J'ai vu le Parnasse des dames.
Soyez Iranquillo, a leurs adresses Ce matin on les a portes; L' s oncles, les cousins, les nièces, Muiisieur, ils sont tous inviles.
Plusieurs d'entre eux, avec tristesse, Ont prùv'Liu qu'ils ne pourraient pas Assister peut-être à la messe.
Mais ils viendront tous au repas. ■
JACOTIN. Diable ! au repas ! Et ils viendront beaucoup?
DURAND. D'abord, trente cousins et cousines du côté de votre feunne.
JACOTIN. Ça n'en finit pas, lesfamilles de province... Ah çà! et les voitures?
DCRAND. On en a commandé douze.
JACOTIN. Six, c'est assez; en se serrant un peu, huit dans chaque, cela pourra tenir.
DURAND. Et ça fera au débarqué un coup d'œil superbe.
JACOTIN. C'est cela : des bouquets au cocher, des gants blancs à tout le monde, la pièce d'or pour le cierge; du luxe, de l'éclat, de l'économie, il n'y a que cela pour réussir. Par exem])lc , au retour, je ne sais pas ce que nous ferons faire à tout ce monde-là.
.MADAME DiRAND. Si .Monsjeur avait voulu dduner un petit bal?
JACOTIN. Fi donc! est-ce qu'on danse à présent? passe pour jouer l'ccarlé, à la bonne heure.
A m : .i soixante ans.
On vient danser, on vous offre une carte, Et vous perdez an son du galoubet; Enfin il faut bien ipie l'on paite!
On rende au bal sans argent au gousset. Oui, le bon ton qui maintenant existe A ses \ilaisirs ainsi que ses dangers ; Le bal peut-être en est un peu plus triste. Mais les danseurs en sont bien plus legi'rs. [On entend un prélude de guitare.)
MADAME DURAND. SdeilCC ! écOUtCZ doUC.
DURAND. C'est lui.
MADAME DURAND. Ail ! mou Diou ! voilà qu'il s'éloigne; ''ai cru qu'il allait entrer.
JACOTIN. Qui denc?
MADAME DURAND. Lc fou de PéroHue, un original «pu s'arrête quelquefois dans cette auberge; hier au snir encore, avant votre arrivée. C'est bien l'homme le plus amusant... Imaginez-vous qu'il a la manie lies mariages?
JACOTIN. Est-ce qu'il tiendrait une agence?
MADAME DURAND. Non pas; c'est bien autre chose.
Air : Un homme jtbur faire un tableau,
Soudjio v'iâ son bon sens parti :
Di'S qu'une femme â lui se montre.
Il se croit toujours le mari De la dernière qu'il rencontre.
Il est à la noce en tout temps.
Tous Ks jours s' marie à sa guise.
DURAND. 1
El n'a pas, comme tant de gens, De lendemain qui le dégrise.
MADAME DURAND. Au point que dernièrement il s'était imaginé qu'il était M. Durand; eti|u'il voulait. . non, vrai comme je vous le dis; et Monsieur qui avait la bonhomie de se fâcher; car il est jaloux, oh ! j.doiix conjme un tigre.
DURAND. Oh! ce n'est rien encore.
MADiME DURAND. L'autre jour il rencontre une noce qui revenait de l'église ; il se persuade tout à coup
LE FOU DE PÉRONNE
qu'il est le marié; il a fallu, bon gré, mal gré, qu'il ouvrit le bal avec la future.
DURAND. Madame Durand ne vous dit pas tout. Le soir, après le bal, il ne voulait pas quitter sa femme.
jAeoTiis. Eh bien ! tenez, madame Durand, voilà justement ce qu'il nous aurait fallu aujourd'hui, nous aurions eu la comédie gratis.
MADAME DURAND. Si je l'avais su, je l'aurais fait rester, puisqu'il était ici hier au soir. (On entend des tambours.) Mais voilà une visite qui ne vous fera pas moins de plaisir : ce sont les tambours de ville qui viennent vous présenter leurs bouquets et vous féliciter sur votre niciriage.
jACOTiN. Ah ! mon Dieu! mon cher Durand, venez m'aider à renvoyer tout ce monde-là.
Air du vaudeville des Gascons.
Oui, j'entends d'ici les tambours.
J'entends la trompette Indiscrète Qui dans la ville et les faubourgs Proclame déjà mes amours.
Un jour d'hymen en vain on compte Rester tranquille dans son lit.
Dès le matin déjà du bruit ,.
DURAND
Monsieur, c'est peut-être un à-compte.
Oui, j'entends, etc.