SCÈNE II
Les PRÉCÉDENTS, LAQUILLE.
LAQUILLE, entrant C'est un' bonn' grivoise, Que mam'sellc Fanchon,
Allé vous amboise.
Et se rend sans façon.
Un jour i Cyttière,
Cupidon disait...
DORVAL. Eh ! voici notre brave instructeur, le vieux père Lnquille.
LAQiiLLE. Oui, le vieux père Laquille! qui vous apprend loutce qu'il sait, et de bien bon cœur encore.
Air : Connaissez mieux le grand Eugèn».
Pendant vingt ans, de ma vaillance Les ennemis ont senti les effets;
Soldat dés ma plus tendre enfance, J'ai trion^plié sous les drapeaux français. A mon pays, que j'ai servi, que j'aime. J'ai consacre jusqu'au dernier soupir; Ne pouvant plus le bien servir moi-même,
Du moins j'enseigne à le servir.
DORVAL. Vous êtes un brave.
LAQUILLE. Prendrons-nous leçon ce soir?
DORVAL. Ma foi nou, tantôt. Mais tenez, voilà Saint- Léon qui est amoureux, ça le dissipera.
SAiNT-LÉON. Ma foi non, père Laquille, je ne suis pas eu train; plus lard, si vous voulez.
LAQUILLE. Morbleu! qu'est-ce que ça veut dire? amoureux!
Air : Le briquet frappe la pierre.
Vous, caporal! est-c' possible!
Du désord' donner 1' signal.
DORVAL
îllais, pour être caporal.
Faut-il donc être insensible?
LAQUILIE.
Oui, le service d'abord, Fùt-on mcîm' sergent-major.
J'ons bii\létout comme un autre, Et des feux les plus ardents ; Car ou était de mon temps Amoureux tout comme au viitre; Mais j' nous arrangions chacun Pour l'être de deux jours l'un.
Ainsi, décidez-vous.
Air : Gai, gai, mariez- vous.
Il faut, c'est là ma loi,
Qu'au service
On obéisse ;
Il faut, c'est là ma loi.
Choisir entr' l'Amour vl moi.
A ce chef plein de malice, Dès que vous vous adressez, Gnia plus besoin d'exercice, L'amour en fait faire assez.
Il faut, etc.