‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 663 sur 975 · SCÈNE VL · texte numérisé non relu

SCÈNE VL

Les précédents, hors L'EVEILLE.

^LAQiiLLK. Cette mère Brisemiche, c'est bien la doyeime des marchandes.

MADAME brisemiche, lui versout à boire. Dame, voilà bientôt dix ans que j'ai ouvert mon commerce de gâteaux.

riGEON, essayant d'en manger. En voilà un qui date de l'ouverlure.

MADAME BRISEMICHE, versant à Laquille. Bah! c'est fait d'hier.

LVQiMLLE, qui a bu. Je le vois bien.

MADAME BRISEMICHE. Eli bicu ! v'ià commc ils sont tous !

.\iR : J'ai vu le Parnasse des dames.

Sur moi la médisanc' s'exerce.

Car, voyez-vous, j'ons des enn'mis ; On veut fair' tort à mon commerce, Mais de leurs caquets je me ris.

Quand on a d' la conduite et d' l'ordre, On est au-dessus des propos ; Et j* défions qu' jamais on puiss' mordre Ni sur moi, ni sur mes gâteaux.

LE CAPITAINE. Au moius, la mère, ça va-t-il comme vous voulez?

MADAME BRISEMICHE. Oh! uous avons cu un mauvais moment à passer.

Air : Sans mentir (des Landes).

Pendant c' temps pas un p'iit verre.

Et pas un gâteau d' vendus, On n' lésait rien à Nanteri e.

Le commerce n'allait plus ; Maint'nant contre un' présidente Je n' changerions pas d'emploi ; On dirait qu' la soif augmente.

Et tout 1' mond' vent boire, j' croi,

D'epuis qu'on boit,

D'puis qu'on boit, A la santé d' net' bon roi.

LE CAPITAINE. S'il estainsi,je me dévoue.

Tois. Et nous aussi, nous boirons à la santé du roi !

!.E CAPITAINE, qui a bu. Diable ! il faut biejl l'aimer.

LAQUILLE, avalant un grand verre. Bah! l'enthousiasme fait tout passer.

LE CAPITAINE, tirant sa montre. Eh! eh! Messieurs, voilà l'heure de la première patrouille.

MADAME BRISEMICHE. Adieu, mes cnfants, je m'en vas au poste voisin; bonne nuit. Buvez la goutte, cassez la croûte. [Elle sort.)

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