SCÈNE VIL
Les PRÉCÉDENTS, /iors LA MÈRE BRISEMICHE.
LE CAPITAINE, lisant la feuille. Le caporal Saint-Léon, Dorval et cinq hommes.
saint-i.éon, a part. Ah diable! et l'Eveillé qui n'est pas revenu !
LE CAPITAINE. Allons, MessieuTS, il faut vous disposer.
SAINT LÉON. Oui, mon capitaine; allons, Messieurs.
DORVAL, à Saint-Léon. Eh bien! qu'est-ce que tu as donc ?
SAINT-LÉON. Ce que j'ai ? Sais-tu à qui j'ai écrit ? à Versac.
DORVAL. A Versac!
UNE NUIT DE LA GARDE NATIONALE
SAl^T LÉON. Oui, un billot doux, uu rendez-vous que je lui donne de h part d'une jolie dame de ce quartier, qu'il courtisait avant son mariage.
uoiivAL. Et tu crois qu'il y viendra?
sAi,\T-LÉo>. Il S' IVi'ait pendre phnôt que d'y man- (|ner. A minuit, une heure, il doit arriver sous les fenêtres de sa belle, qui demeure en face.
DOuvAL. Eh bien?
SAiNT-LÈOM. Eh bien! eh bien! tu ne comprends rien? nous nous moquerons de lui, et nous lui ferons passer an corps de gaide une nuit qu'il croyait mieux employer.
DORVAL, vivement. C'est charmant! il nous paier.i du I unch.
SAi?<T-LkoN. Et conçois-tu la colère !.. les soui)çons !.. la jalousie de sa feuune !.. car elle est jalouse, ah! c'est une bénédiction!
lORVAL. Ah ! elle ne veut pas que nous voyions son mar,i, et elle nous refuse sa sœur !.. nous vci'rons.
SAiM-LÉo.N. Et ce l'Eveillé qui ne vient pas.
LK CAPITAINE, Usant prés du poète. Eh bien! Messieurs, cette patrouille?
SAiM-LÉoN. Voilà, voilà, mon capitaine.
Air : Ma belle est la belle des belles.
L'ordre en ce moment vous réclame.
Allons, Messieurs, disposez-vous.
[Bas, à Dorval.) Juge du dépit de sa femme.
En ue voyant pas son éiioux.
DORVAL
Certes la vengeance est cruelle
SAlNT-LEON.
Je dois, pour ne \ias ùtre ingrat, Condamner au veuvage celle Qui me condamne au cél |jat.
Allons, Messieurs, disposez-vou.>. Monsieur Pigeon! l'ir.EON. Ce n'est pas encore mon heure de faction. DORVAL. C'est une patrouille, entendez-vous?