‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 681 sur 975 · BABET · texte numérisé non relu

BABET

Vous avez eu peur de votre ombre.

BASTIEN. C'est inconcevable, coumie il est iioltron, le beau-père , à son âge, croire aux l'evenants !

BEiiTRAND. Cfoife! Je n'y crois point, mais j'en ai peur.

Air : Tenez, moi, je suis un bon homme. Je pense que tout homme sage Doit redouter les revenants; Car les morts ont trop d'avantage Quand ils combattent les vivants.

Leur résister serait tube ; Aussi je m'en garderais bien :

Un vivant y risque sa vie.

Tandis qu'un mort ne ri.sque rien.

BASTIEN. Comme je le disais, cela prouve seulement que vous êtes peureux.

BERTRAND. Peufcux ! je lie suis point peureux, mais je suis prudent; et dans celte auberi;e, au milieu des Pyrénées, avec toi, Babet, qui n'es pas lirave, et B.istieii, mon gendre futur, qui s'eflraie d'un rien, mi ne sait pas ce (|ui peut arriver.

BABET. Arriver ! vous voyez bien qu il n'arrive jamais rien, pas même des voyageurs.

BERTRAND. C'cst Votre l'autc ! ouest si mal servi! Depuis huit jours n'avoir qu'un locataire!

BABET. Cet officier français! Mais ce jeune lioinnie

est fort bieti, et ce sera une bonne pratii|iie, car il a l'air de quelqu'un très comme il faut.

BERTRAND. Il a l'air de quelqu'un très-suspect, car il ne paie pas; et, avec ça, il a quelque chose dans la physionomie...

BABET. N'avcz-vous pas peur aussi de celui-là?

BERTRAND. Saus doutc. On ne sait d'où il vient; il paraît se cacher; et, quand on lui fait des questions, il vous rit au nez. C'est malhonnête!

AiR : Le jour de son mnriaije.

Je n'ai jamais pu connaître Ce qu'il fait, ni ce qu'il est ; Mais, à coup srtr, ce doit être Un fourbe, un mauv.iis sujet.

Il a commis qiielipie faute. Ou fait quelque mauvais coup...

BABET. Ah ! mon père !

BERTRAND

Et qui doit à sou hOite, Est cajiable de tout.

Cependant, il faut lui porter à déjeuner, car il ferait nu tapage !..

BABET. J'irai, mon père.

BASTii N. Pas du tout. Mademoiselle; ce sera moi.

BABET. Fi, le jaloux!

BASTIEN. Fi, la coquette!

BERTRAND. Paix ! j'iiai inoi-mènie. Mais au lieu de vous disputer, cherchons |dutôt à corriger la fortune |iar quelques moyens honnêtes.

Air : La loterie est la chance.

Sans une honnéle industrie Un traiteur ne ferait rien; Et tous les jours de la vie.

Un peu d'aide l'ait grand bien.

Toi; Bastion, lo, qui surveilles L'oidniinauee du festin.

Mets dans toutes les bouteilles Un peu plus d'eau que de vin.

TOCS.

Sans une honnête industrie, etc.

BERTRAND. Allcz, ct quc cliacuu soit à son poste.

L'AUBEKGE.

BERTRAND, seul. Mon conimercn tic traitiiir piiiul une iiiauvaise tuui-iuiiT, et si je n'y nift> cinli'.'. je iiKiurr.ii (le l'aiiii au ml iiii de mes |irovisiiiiis. Ileiiiriisement, j'ai déjà lait une spéculation qui double mes [uofils.

Air : Si Pauline est dans l'indigence.

Jl' sais (t'iiuc façon commode Riinroiiiii'i' rliaipii' voviiucur, !•'! JL' liais, i^'i'.'ii'i' ,1 ma nii'lliode, Voler en lont liion, tout lionneur.

Crie-t on : Garçon ! potage pour un! j'envoie demipart.

l-es pi'enant ainsi par famine, Mes snrcës ne sont pas douteux ; El cliuz Bertrand quand seul on dine.

Il faut tout demander pour deux.

Mais ce bel officier mange comme quatre et no paie pas même pour un. Ma foi, à tout risque, demaiidouslui de l'argent. Le dinlcile est de lui parler, car 11 elianle toujours. Mais je l'entends : le voilà qui elle comme (|uelqu'un qui paie.

i-i.oiiv.\i,, e« i/c/iors. Holà! hé! quelqu'un! le maître, les garçons, tout le monde !

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