‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 716 sur 975 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

ADINE, BRESSON, M.\DAME DE CHWANNES, kabiUée comme au premier acte; AMEDÊE, DIDIER.

ADiNE, ayurant en sautant au-devant de madame de Chavanws. C'est ma mère !

iiRESS'iN, donnant le hras à madame de Chavannes. Mainleivant que je suis au fait... soyez tranquille... ne craignez pas de vous appuyer! je suis là pour cela.

ADiNE. Oh ! mon Dieu, ma Ixinne maman, comme vous avez l'air soulïrant!

M.vWAsrE DE cH.vvANfiEs , s'asseijafit et pmiant sa main à sa tcle. Je souffre^ en effet, et beawconp.

ADijiE. Serait-ce votre migraine"?

MADAME WÈ «lAVANNES. Je uc ni'cn vantais pas ! -et je vous le cachais à tous, pour ne |!as vous inquiéter... .Mais c'est tout simple... toiii naturel... if faut s'y attendre! lîonjour, .\médée, bonjoui', mon cher Didiel*; nous ne pourrons pas parler alVaii'i s, ce matin, comme je l'espérai-...

DIDIER. Il faut bien voits en garder !

AMEDÉE. 11 vaut mieux vous distraire...

ADiNt. Cerlainement...

AMÉDÉE. Il faut prendre l'air... il faut sortir...

DIDIER. C'est ee qu'il y a de plus raisonnable...

ji-vdaSie DE CHWANNES. Non.. . j'aiiiir micux resterchez moi!

Ai>iNK, bas, à Amédée, avec effroi. .\h ! mon Dieu!..

AMÉDKE, de même. Comment faire?

MADAME DE ciiAVANNES. Cela sc pa-sera dans mon fautcuil... avec du calme et du repos. Nous ferons mi piquet, n'est-ce pas, gé'iicral?..

BRESSON. C'est un beau jeu!..

AïiKDÉE. Oui, mais le matin...

MADAME DECH.WANNEs. Ccla n'y fait rien!., je le jouerais toute la jourF!c.\.. Le jonez-vous, Amcdée"?

AJiÉDBE. Non. Madame!..

MADAME DE CHAVANNES. C'cst un grand tort... Il faut l'apprendre... nous le fai.soiis ici, tous les soirs, et nous vous admettrons à notre partie... à moins que vous ne préfériez le whist ..

AMÊDKE. Je ne le connais pas non |)lus.

MADAME DE CHAVANNES. Mais, luoii clicr aiui, votiv éducation a été borribleinent négligée, et vous aurez besoin d'études sérieuses... Je vous mettrai entre les mains du vieux conimandeur de Sanvocour, un dilettante du whist, un proffSseur! il a joué avec .M. de Tallryrand, c'est tout dire! Et au bout de deux ou trois mois de leçons un peu assidues...

«RESSON. Vous pouvez bien en mettre quatre!

AMÉDÉE, à part. Miséricorde!

MADAME DE CHAVANNES. Mcltous-^cn qualFC ! Vous verrez, mon jeune ami, que nos plaisirs graves et sérieux en valent bien d'anlns' une fois que vous y serez... vous ne pourrrz plus nmis quitter...

BRESSON. C'i st bienplusattrayantqucvossoirécsùlanioile I

MADAME DE CHAVANNES. OÙ, pouc uia \) ict, je n'irai jamais I

ADINE. Vous y allez cependant, et très-souvent!

MADAME DE CHWANNES. PouT toi, ma chèiê eufaiit, à cause lie toi! jusqu'à ce que tu Sois mariée... Maiscomme j'espère que cela ne lardera pas.

DIDIER, 6as, (! Amédée. Tu l'entends!

MADAME DE CHAVANNES, fli'cc intention, et regardant Amédée. Il me sera perniisalors d'adopter des occupations plus conformes à mes goûts, de rechercher ce bonheur sédentaire qui consiste dans le repo-i, dans un petit cercle de vie.ix amis qui, étrangers au reste du monde, se coni|ne:nieut entre eux et vivent des mêmes souvenirs.

BRESSON. Voilà ce que nous aimons!

MADAME DE CHWANNES. Toi, pcudaut cc tcmp-, tu iiMS tous les soirs, avec ton mari, à l'Opéra, au concert, au h il !

DIDIER. Certainement!

M ADAME DE en WANNi-s.Achacnnses plaisirs' c'esl trop juste !

ADiN-E, avec embarras. Je suis bien de vôtre avis... [Bas, à Amédée.) Aidez-moi donc un peu ..

AMEDÉE, (/(' même. Je n'ose plus lui en parler.

DIDIER, rff même. Et pourtant l'h 'ure avance.

MADAME DE CHAVANNES, les regardant. Qu'avez-vous donc, mes enfants?

ADiNE. Bien, bonne maman, {^'approchant d'elle.) Quand je serai mariée, pourrai-je all'.'r au bois de Boulogne... voir les courses d(^ chevaux?

MADAME DE CII.W.VNNES. SaUS COUtrcdit...

ADINE. .Mais d'ici là, et tant que je n'aurai pas de mari... c'est VOUS qui m'y conduirez... n'est-il pas vrai?

MADAME DE CHWANNES. Oui,CertCS!

ADINE. Eh bien! il se présente aujourd'hui, pour vous, une belle occasion...

MADAME DE CHAVANNES. Et latpielle ?

ADINE, à Amédée. Parlez maiiitennit. Monsieur, cela vous regarde !

DIDIER, bas, à Amédée.^st-ê\\e gentille!

AMÉDÉE. C'est que je voulais vous prévenir de la part de madame de Nerville...

MADAME DE CHAVANNES. Je sais... elle vient de m'écrire qu'à deux heures elle serait à ma porte.

ADINE. Et les voilà bientôt!..

BRESSON. Pas encore...

AiiiNE. Si... si...

MADAME DE CHAVANNES. Aussi, je siiis désoli'C de Ile pouvoir sortir.

ADINE. Mais VOUS le pfWvez.-.. Detiiandez à ces nies-ieurs... ils ne voudraient pas vous tromper, ni moi non plus; vous VOUS poitw. à merveille... vous êtes charmante.,,

AMÉDÉE. C''cst notre avis!

BBESSON. Et moi je pense comme la jeunesse...

LA GRAND'MEHE.

ADiNE. l.t iljiis une liomift calw'lir... yiw un Ikmu soli'il... et pui:^, les nio^s:cui's n(iir< r.r^onipn.^'Ui'nint à clicv.il... ils mit un pari duiit non-; sri'oiis tiMimiiis... cj sera cliarniunt ; rrl 1 in'iinui-Pi'a et çii vous fcia ilu liii n.

MADAMK IIK CITAVANXES. Vous ciiiyi'Z (loMc i|nr je |iiiis ni\'Xposd' an i^iMiiil air sans daniiiT'?..

wia, arec joie. Pas le niniidre... nu c.inlraii-e.

MAinMK iiF. eiiAYA.NNKs. Vdus me f.iites pliii-ir... non poiii' le buis (le Boulogne; cela m'est impossilile ,. j'avais d'autres ensagemoiitsplns iinpoi'lar.ts...

ADIXE F.l- AMEDËE. Mil IllOll DieU I

MADAME DE ciiAVANNES. J'avais pi'omisà w\ iioiiveau prédiratiur, que je ]irotét;e... à l'alilic de Gervault, d'aller, aujourd'hui, l'entendre à Saint-Tliomaî-i'Aiiuiu... et j'étai; désolée d'y nuuir|ner... Mais di'-S (]iie voti; ui'a^surt/. Ions que ma sanlé me permit de sortir. ..

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