‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 735 sur 975 · ANTOINE, THÉRÈSE · texte numérisé non relu

ANTOINE, THÉRÈSE

{Anlome a un air embarrassé et reyardc de tous côtes.)

THÉRÈSE, regardant du côté de la chambre de Rodolplie. Oui, il n'y a pas à hésiter, je n'ai qu'un seul moyeu. [Allant au-devant d'Antoine qui est dans le fond.) Vous voici, mon cher Antoine.

ANTOINE. Oui, j'étais .sorti pour prendre Pair, et eu reveliaiil, en voyant celte maison oii je venais ch.ique jour, je me suis trompé de porte, je croyais rentrer chez moi.

THÉRÈSE. Vous avez eu raison.

AMiiiNE. Au fait, i'ai juré de ne plus voir Rodolphe; luais viins, Thérèse, c'est bien différent!

THERESE. Je vous remercie ; [Montrant la lettre qui est sur la table.) car je vous avais l'crit pour vous supplier tie revenir, de vous raccommodi'r avec mon frère.

ANTOINE. Moi! après la manière dont il m'a traité!

THÉRÈSE. Il reconnaît ses torts, il brûle de vous en demander pardon, mais il n'ose pas vous voir et vous embrasser.

ANTOINE. Vraiment! Rodolphe! mou ami! ou est-il? Venez, conduisez-moi vers lui.

TiiÉiiESE. Un instant. Pour mieux sceller votre réconcilia-

tion, pour que désormais vous soyez toujours unis, j'ai une demande à vous faire.

ANTOINE. Vous, niorlilcu ! parlez ; tout ce que je possède est à vous deux.

THÉRÈSE. Vous m'avcz dit ce matin que vous m'aimiez, que vous vouliez m'épouser.

ANTOINE. Ah! c'eût été le bonheur de ma vie.

THÉRÈSE, Eh bien! si vous m'aimez encore, si ma main peut avoirpourvousquel(|ueprix, jevous la donne, elh; est à vous.

ANTOINE, d'un air incrédule. Comment? il se pourrait ? Je vous eu prie, Thérèse, ne m'abusez pas; il y aurait de quoi en mourir.

THÉRÈSE. Je suis prèle à vous épouser cette semaine, demain, aujourd'hui, si cela se peut.

ANTOixE. 0 ciel! un bonheurs! grand, si inattendu! c'est tout au plus si j'ai la force d'y résister.

THÉRÈSE. Antoine, mon bon Antoine, mon ami, calmezvous, et écoulez-moi. J'y mets une condition : c'est (|u'à l'instant, h l'instaiit même, vous irez demuider le consentement de mon frère.

.VNTOiNE. J'y vais.

THÉRÈSE. Et s'il hésitait?

ANTOINE. 11 n'hésitera pas.

THÉRÈSE. Enfin, vous lui direz que c'est moi, moi qui le veux, eulcudez-vous, Antoine?

ANTOINE. Parbleu! si j'entends... Tenez, le voici; c'est lui. Restez, et vous allez voir.

THÉRÈSE. Non, je vous eu supplie. (En s'en allant.) .\h! devant lui je n'en aurais pas le courage. (Elle entre dans la chambre à gauche.)

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