LÉON
Am : Ainsi que vous, je veujc. Mademoiselle,
Une existence inconnue et nouvelle S'ouvrait aloi's et brillait â mes yeux ; J'étais tremblant, interdit auprès d'elle.
Et quoique, hélas ! bien malheureux,
Ce malheur-là, c'était le bouheur mémo :
Mourir pour elle m'eût charmé!
Si l'on est ainsi quand on aime.
Qu'est-ce donc quand on est aimé?
Notez bien qu'étant au collège, je ne pouvais la voir que les dimanches; aussi pour sortir il fallait de bonnes places, et j'étais toujours le premier.
JULIETTE. C'est donc cela que vous avez fait de si bonnes études!
LEON. Mais sans doute; et mon pauvre professeur qui était enchanté! il croyait que c'était pour lui; il est vi-tii que le mari m'aimait beaucoup.
JULIETTE. Comment! Monsieur, il y avait un mari?
LÉON. Certainement; mais il n'y en a plus : elle est veuve.
JULIETTE. Ah! mon Dieu! est-ce que ce serait...
LÉON. Eh! oui, vraiment : madame de Sainville.
JULIETTE. Quoi! c'est elle que vous aimez? Ah! le pauvre jeune homme!
LÉON. En quoi donc suis-je à plaindre?
JULIETTE C'est qu'elle ne peut pas vous souffrir.
LÉON. Que dites-vous?
JULIETTE. L'exacte vérité. L'autre jour, dans le salon, elle vous a traité d'uni; manière dont nous avons été tous indignés; et tout à l'heure encore, lorsqu'il était question de notre mariage, c'est elle qui nous en a détournées.
LÉON, à part. Ah! que je suis malheureux
LA HAINE D'UNE FEMME