‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 751 sur 975 · LÉON · texte numérisé non relu

LÉON

J'ai dii céder aux lois que vous dictiez;

Mais que vous font mes vœux et ma tendresse.

Vous qui tous les jours ne voyez

Que trop d'hommages .'i vos pieds.

JULIETTE

Quoiqu'on en ait d'assez amples récoltes, Lors(|ue l'on dit : iVe m'aimez plus jamais, On prétend bien qu'on obéira .. mais Ou compte un peu sur l"s révoltes.

LÉON. Eh bien! j'obéis en murmurant.

JULIETTE. A la bonne heure. Apprenez donc un grand secret : ma sœur aime M. Auguste, un jeune notaire, qui n'est pas très-beau ; mais sa charge est payée, aussi je crois que le jeune homme ne voudra pas.

LÉON. Au contraire, Auguste en est amoureux. Comme il sait «pie je suis bien avec votre père, il m'avait prié de lui parler de son amour pour ma'Iemoiselle Malvina; je lui en ai bien dit quehpies mois la semaine dernière, mais nous étions à la chasse : je trouverai une meilleure occasion. Achevez votre confidence. N'anriez-vous pas aussi quelques projets?

JULIETTE, sérieusement. Du tout, Monsieur; une jeune personne à marier ne choisit pas : elle attend. J'aimerai cehii que mes parents me donneront; bien entendu qu'il aura une belle fortune, ou un état dans le monde : parce qu'enfin vous, Li'on, vous êtes bien aimable, mais vous n'avez rien.

LÉON. C'est ma foi vrai ! voici la première fois que j'y pense. C'est d'abord un obstacle, mais il y en a bien d'autres : apprenez que je suis amoureux, et depuis bien longtemps.

JULIETTE. Comment! il se pourrait?

LÉON, lui faisant signe de se taire. Chut! vous êtes la piemièie personne à qui j'en aie parlé.

JULIETTE. La première, bien vrai? Allons, c'est une consolation, et il est toujours agréable d'être ta première dans un secret. Eh bien ! Monsieur?

LÉON. Je l'aime depuis ijue j'existe, depuis que je me connais; j'étais encore au lycée.

JULIETTE. Voyez un peu comme on est avancé dans les pensions de jeunes gens.

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