‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 760 sur 975 · SCÈNE XVIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XVIII

Les précédents ; LÉON, venant par la droite.

LÉON, à Philippon. Je vous cherchais, mon ami; partons.

PHILIPPON, le regardant, yu'as-tu donc? et d'où vient ce trouble?

LÉON. Nous nous étions flattés trop tôt... Mais le ciel m'est témoin que la perte de mes espérances n'est pas le coup le plus diflicile il supporter!

PHILIPPON. Que dis-tu? Comment! cet héritage...

LÉON. Il ne faut plus y penser, je n'y ai pas de droit; lisez plutôt cette lettre que M. Darforl vient de me eonlier.

[Pendant que Philippon lit.) Vous voyez que tout appartient à Madame.

PHILIPPON. Qu'ai-je vu ! Ce matin, cependant, elle avait eu la générosité d'y renoncer.

LÉON. 11 est vrai , mais Madame a changé d'avis quand elle a su que c'était moi.

PHILIPPON. Alors, c'est fini. Cela n'est plus de la haine : c'est une guerre à mort ! Quoi ! Madame, vous n'êtes point satis'aite? Il vous faut encore la ruine totale de ce malheureux jeune homme! [A Li'on.) J'espère qu'à présent, du moins, tu ne vas plus l'aimer?

LÉON. J'y tâcherai, c'est toutceque je peux vous promettre. Partou'i, rieu ne peut plus me retenir. (Us vont pour sortir.)

URSULE, doucement. Léon! [Léon revient vivement sur ses pas.)

PHILIPPON. Eh bien! où vas-tu donc?

LÉON. Vous voyez bien qu'elle m'appelle.

PHILIPPON, le retenant. Ce n'est pas vrai.

unsiii.i:, à Léon. Quoi! malgré tout le mal que je vous ai fait, vous ne pouvez eniorc me haïr? Ji' n'eusse osé l'exiger; mais je vous en remercie. Je suis fière d'inspirer un tel amour!

PHILIPPON. Eh bien! alors, pourquoi lui enlever cet héritage?

URSULE. Pourquoi? pour le lui donner.

LÉON. Que dites-vous?

URSULE. Je ne voulais épouser qu'un homme sans fortune : vous voyez bien, Monsieur, qu'il a fallu d'abord vous ruiner, et ce n'est pas s.ms peine.

LÉON, à ses genoux. Ah! je suis trop heureux!

PHILIPPON, s'incUnant. Madame, ce n'est pas à lui, c'est à iimi de tomber à vos genoux !

AiB de la Rohe et les bottes.

Avec respect, c'est moi qui me prosterne ; Vous l'épousez, quel bonheur pour nous deux!

Dans l'histoire ancienne ou moderne Je n'ai pas vu de traits plus généreux.

URSULE

Vous n'avez plus dessein, j'en suis certaine. De me liair...

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