‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 77 sur 975 · ZOÉ, BERNARDET, CÉSARINE · texte numérisé non relu

ZOÉ, BERNARDET, CÉSARINE

BERNARDET, à Césavine. J'ai reçu ma nomination ; je suis professeur, grâce à vous, qui êtes mon bon ange. Mais en revanche, j'arrive de Saint-Denis avec Mo.itlucar, (A Zoé.) votre mari, ipji m'a ramené dans son tilbury.

ZOÉ ET CÉSARINE, viveiHi'nt. Eh bien?..

RERNARDET, o Césarinb. Eh bien... (// regarde Zoé avec inquiétude.)

eÉs\RiNE, montrant Zoé. On peut parler devant elle.

ZOÉ. Eh ! oui, ductc n', j ; sui-i des vôtres.

BERNARDET, Se frottant les mains. Eh bien! Madame, tout va au niii.'ux.

cÉSAui.NE. Comment cela?

DERNARDET. Nous sortoiis de l'assemblée préparatoire du premier collège, oii j'ai l'honneur d'être un des plus imposés. Oscar a parlé au\ éiccli.'urs, et sa petite improvisation a produit le meilleur elfet, sauf nn ou deux endroits où il a manqué de mémoire. Mais le discours est fort bien ; c'est noire camarade Saint-Estève qui l'a composé, et nous le ferons paraître ce soir avec des notes et des réflexions impai'tiales du l'édacteur, et, entre parenthèses : « Marques d'appi'obation générale. »

CÉSARINE. Toute l'assemblée était donc pour lui?

UERNARDKT. Du toul : uii tiers seulemiMit, composé de nos amis, des cheis d'atelier de M. de Montlucar et de quelques badauds indécis qui ét;iient de notre opinion parce qu'ils s'étaient mis à côté de nous en entrant dans la salle. Le reste était contre, et sembliit disposé à faire de l'opposition. Alors j'ai eu recours aux grands moyens. J'ai pris à partie notre candid.it, et je l'ai, ma foi! malmené... je l'ai attaqué violemment sur ses opinions.

CÉSARINE. Il n'en a jamais eu.

BERNARDET. Tant uileux! on a de l'espace dans tons les sens. Je lui ai crié : « Monsieur! je ne m'en cache pas, vous n'êtes pas mon candidat; je vous repousse pour telle et telle raison! » Et je l'ai accablé; mais Osc.ir a re[iris la parole, et a ré'pomlu alors...

CESARINE. Quoi donc?

BERNARDET. Le sccoud discours préparé pour sa réplique... Cette fois-là il ne s'est pas trompé; il a eu de la chaleur, il a été beau, il a rétorqué tous mes arguments; j'ai été obligé d'en convenir, et nos camarades se sont écriés : « Vous l'ertendez! .ses ennemis eux-mêmes sont forcés de lui rendre justice ! » et ce dernier coup de théâtre, adroitement ménagé, a entraîné les innocents, les candides, les moutons de Panurge, ceux qui sans le savoir font toutes les majorités, et qui maintenant sont plus enragés que les autres .

Voilà, liellc Emilie, :> qu. 1 point nous on aoaimiS.

ZOÉ, fi Césarine. Ils nouimcront Oscar!

BERNARDEr. J'en réponds! Je réponds du premier collège; et c'est ce soir une affaire enlevée, pourvu que de son côté votre maii présente votre jeune cousin au second co'lége où Sont vos métayers, vos fermiers, tous gens qui dépenrleut de lui; c'est essentiel; et vous y avez déjà songé, car je vois monsieur le comte tout habillé, et prêt à sortir.

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