SCENE xiir
VATEL, LARIDON, arrivant des cuisines.
VATEL. Laridon, vile mon habit.
LARUiON. Le, voici.
VATEL ô!e son tablier et sa veste, et passe son habit n la française. Mon chapeau, mon épéo.
LARIDON. Voilà... {Il la lui donne.)
VATEL. Mon épée... {La regardant avant de la prendre.) répée de Vatel... du grand Vatel... l'héritage de mes pères. {En ce moment tous les marmitons, portant chacun un plat, passerd des cuisines dans l'iidérieur des appartements, et dé- /(ienfens//:'?îC(';;esre(/ar(/a/it.)Quelloactivité! et pourtant quel silence! Dieu! que ces préparatifs sont inqjosants! le (|uart d'heure qui précède le combat est [dus lerrible que h; combat lui-même. Allons, l'alTaire va commencer; lesorten est jeté. A la grâce de Dieu! Quel état que le nôtre ! jamais un moment de repos; car on dîne tous les joui's. Et comment la gloire nous récom|iense-l-elle? le poète du moins peut revivre dans ses vers, le peintre dansses tableaux, le sculpteur dans ses statues; mais les chefs-d'œuvre du cuisinier, plus ils sont parfaits et moins il en reste, et notre gloire, fugitive comme l'appétit, n'a pour elle que la mémoire de l'estomac, plus ingrate encore que celle du cœur.