‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 784 sur 975 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les phécédents, LK MARQUIS, puis tiOBiatVILLE.

L'.i MARQL'is, baisant la main de sa mire. Voici, Madame, votre procureur, (jui désii'e vous parler; homme fort utile, qui nous rend de grands services, [Au vicomte.) et nous vend l'argi'nt au poids de l'or. (.'1 la duchesse.) Est-ce que vous lui faites l'honneur de puiser dans sa bourfc ?

LA DUcniissE. Non, marquis, il s'agit d'affaii'cs de famille.

coBERViLLE. Madauic la duchesse, j'ai l'honneur do vous présenter mes trcs-humbles respects; monsieur le marquis, monsieur le vicomte... (// s'incline trois fois.)

LA DUCHESSE, à Gohervillc. Approchez. Eh bien' Goberville, mes ordres ont-ils été exécutés? [Pendant que la duchesse parle à Goberville, le marquis cl, le vicomte vont au fond du théâtre, où ils parlent bas.)

COBERVILLE. Avcc la ponctualité la plus scrupuleuse... Madame la duchesse connaît mon zèle.

LA DUCHESSE, hos, ù Goborville. Le mariage?

coBERvnXE, bas, à la duchesse. Célébré de jeudi matin. [La duchesse témoigne sa satisfaction.)

LA DUCHESSE, bas. Il y a eu d(^ la résistance, des pleurs.

COBERVILLE. La jcimc fille s'est désolée, elle a pleuré. D'abord, elle ne voulait point croire aux lettres (pie je lui exhibais; mais enfin, après les regrets, les larmes, le désespoir, la pauvre petite s'est sacrifiée de la meilleure grâce du monde; elle était gentille. [Soupirant ridiculement.) Ah! si jen'avais pasétc marié, je vous aurais demandé la préférence.

LA DUCHESSE, s'éloiijnaut de Goberville. Me voilà plus tranquille, et maintenant elle peut couqiter sur ma protection. (Elle s'approche de latable, Goberville s'approche du marquis.)

LE MARQurs^ bas, a Go((crr///e. Mon argent, fripon?

GOBERvnxE, de même. Si vous saviez ce qu'il me coûte ! voilà Irois ceuls louis.

LE MARQUIS, sc rapprochant de sa mère. Mon billet était de cinq cenis.

LE VICOMTE, à Goberville. Et notre homme?

GOHERViLLE, (lu vicomte. Lc sergent recruteur m'a chargé de vous dire qui^ c'était une affaire faite. Kacnh' d'hier soir, il seraexpédié demain pour sa garnis(ju. [U passe à la gauche du vicomte.)

LA DUCHESSE. Ne VOUS éloigucz pas, marquis, je passe avec Goberville dans mon cabinet, et j'aurai bientôt à vous parler, ainsi qu'à votre frère le chevalier, que je vois avec peine donner dans les idées nouvelles.

GOBERVILLE. C'cst UH Singulier jcuiie homme; il affecte une sagesse, une réserve... pas un son de dettes sur le pavé de Paris.

LE VICOMTE. C'est qu'il a quelques défauts cachés. U faut :|uejc le convertisse. [La duchesse sort; Goberville la suit.)

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