SCENE IX
Les PRÉCÉDENTS, CARACALLA.
CARACAi.i.A, apercevant les deux frères qui s'embrassent. Bravo, citoyens, l'accolade fraternelle.
LE MARQUiSj o part. Ciel!
CARACALLv. Nc VOUS (léraugez pns.
LE MARQUIS, O part. Nous sommes perdus.
CARACALLA. Lcs citoycus viennent pour le divorce de Gérard?
JULIE. Précisément. Nous attendons qu'il soit rentré.
CARACALLA. Ma foi, citoyens, savez-vous que la patrie a bien du bonheur? voici la quatorzième fois qu'on la sauve ce mois-ci, et nous ne sommes encore qu'au 17. [Pendant ce temps, Julie a fermé la porte, s'assied, et travadle, tout en prenant part a la scène.)
LE GÉNÉRAL, O son frcre. Ce n'est qu'un imbécile.
CARACALLA. Vous avez entendu le colporteur?
LE GÉNÉRAL. Oui, OUi.
CARACALLA. J'ai là les détails, {// montre le papier au général.) Quand on est fonctionnaire, il faut s'instruire soi et les autres. J'ai mon fils Cicéron, un enfant de sept ans, qui me tient au courant des conspirations. C'en est z'encore une que l'on a découverte dans la journée; je ne sais pas où ils vont les chercher, au comité de salut public, mais ils en découvrent une tous les matins. [Offrant le papier au général.) Si ça peut vous distraire...
LE GÉNÉRAL. Oui, je ne serai pas fâché...
CARACALLA, ait général. Voilà le papier. [Au marquis.) Citoyen, sans te commander, approche le chandelier. [Le marquis tient le flambeau, le général lit.)
LE GÉNÉRAL. « Décret du comité de salut public, qui met « hors la loi les individus ci-après dénommés, comme at- « teints et convaincus d'.ivoir conspiré le renversement de « la chose |)ublique. »
CARACALLA. Lcs iioms ! Ics nouis !
LE GÉNÉRAL. « Le ci-dcvaut comte d'Orgeval, le ci-devant « duc de Surgy. »
LE MARQUIS, avcc doûlcw. .Mou père!
AVANT, PENDANT ET APRÈS
LE GÉ^ÉRA!,, plus fciH. « Lc commaiidinir de Surgy, le ci- « devant mari(iiis de Surgy. » (M(juvcinent.)
caiiacali.\. Il y en ;i encore d'autres.
LE GÉNÉRAL, plus fort. « L'ex-géoéral Surgy. » {Les deux frères se prennertt la main.)