‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 805 sur 975 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

DERNEVAL, MORIN.

MORiN. C'est vous, monsieur Denieval, «iiii fraiipcz th; si bonne liuurc à li porte de riiùtel?

UEnriKVAL. Oui, j'apporliiis à mailame la conilesse et à sa fille celte romance d'O.liello, qu'elle avait dés'rr'c hiersiiir. Ces daines SDUt-elles visibles?

MoioN. l'oint z'encûie.

DERNF.vAi.. Et le général?

MOHiN. M. le comte dcSurgy?ilcstdansson cabinet. Voulez-vous lui parler?

DERNEVAL. Oui, saus doute. C'est-à-dire, non; il pourrait croire... Renuits-lui seulement ces papiers.

MORiN. C'est pour son procès?

DERKEVAL. Justement.

MORiN. L'nc b?lle affaire, qui vous a fait z'honneur : je m'y connais, parce qu'un avo?at, c'est censément z'un orateur, et que je l'ai z'été autrefois.

DER^EVAL. Toi, Moriii?

MORiN. Oui, Monsieur.

Air de Oui et non.

Instruit ou non, ç.i n'y fait rien.

On est z'oralenr de naissance; Et l'on vous rcunpreud toujours bien Quand ou parle avec z'éluiiueucc.

Pour l'orUiOL'raplie, j" m'en passiis.

Car ell' m'a toujours t'iiu ramnuie, Et l'on peut être liuu l'ranr lis Sans te parler z'a la tribune.

Mais ce que je vous en disl'i, c'étaitdanï les temps. Vous èles trop jeune, monsieur Uerneval, pour avoir vu ces lemps-lii, et vous ne savez p is tout ce que les honnêtes geiist'ont souffert; quand on a, connue moi, tout perdu z'à la révolution ; qu'on a z'élé compromis pour avoir sauvé des nobles, pour avoir l'ait z'évader lUie famille entière.

DERisEVAi.. Vraiment! ce brav(î Morin !

MORIN. Et c'est en niénioirr d'un service pareil, que j'ai t'autrefois rendu z-'involontairemeat au général et à son frère, qu'd m'a nommé depuis concierge de son hôtel, ce qui est toujours plus sûr que les hoimeurs et l'adniiuislration publi(pie, surtout quand on n'est pas né dans la partie; cl puis, il y a des profits au jour de l'an, à la l'été de Monsieur et de Madame, et dans les solennités de famdie, et j'espère que nous allons t'en avoir une. Un mariage.

DERNEVAL.Oiie nie dis-tu là? quoi! mademoisellede Surgy...

MORlN. C'est un secret; mais il n'y (Ml a pas pour les portiiH's. Mam'zelle va z'épons'r M. .Alfred, son cousin , le fils de l'aiicieii marquis, ce jeune pair de France, qui est si aimable.

KERNEVAi., a pari, llest donc vrai!

MORiM. Ou l'altend mcniee' matin z'à di''jeuner, et je parierais (pie c'est pour terminer /'invariablement.

DERNEVAi.. Ah! il n'y a plus à hésiter; {H se meta la table et écrit.) il en arrivera ce ({u'il pourra.

MORIN. tjue fiiles-vous donc?

DKiiNEVAL, écrivant toujours. Rien. Puis |U.; M. Alfred va venir à l'iustant, j'ai un service à te demander.

Aui (les C^tinédicns.

Pourras-tu bien remiilir avec mystère La miisien dont je vais te ebarfrer'7

MORIN

Avec plaisir, lorsque l'un fut confrùre, C'est bien le moins qu'on puisse s'obliger.

DERNEVAL, se levant.

Remets-lui donc...

MURIN.

Parlez, que faut-il faire7 DERNEVAI..

Ce seul billet.

HORIN.

C'est aisé : de grand cœur.

Et puis après?

DERNEVAL.

Ne rien dire et te taire.

MORIN

C'est moins aisi': quand on est z'oraleur.

ENSEMBLE

DERNEVAL.

Mais c'iist (igal, lorsque l'on fut confrère. C'est bien le moins qu'on puisse s'obliger; Et tu sauras remplir avec mystère La mission dont je veux te cbarger.

MORlN.

Mais c'est égal, lorsipie l'on fut confrère, C'est bien le moins qu'on puisse s'obliger' Et je saurai i'em[dir avec mystère a mission dont on veut me charger.

DERNEVAL. On sonnc, c'est le général. Adieu. (Il sort par le fond.)

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