‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 866 sur 975 · ZACHARIE, JEAN · texte numérisé non relu

ZACHARIE, JEAN

ZACBARIE, s'approchant de Jean.

Quel air pensif et soucieux, Quand le guerrier propliète, inspiré par les cieux, Apparaît dans sa gloire à l'Allemagne entière. Comme l'ange vengeur que la France révère!..

JEAN

Jeanne d'Arc sur ses pas fit naître des héros, Et je n'ai sur les miens traîné que des bourreaux !

ZACHARIE

Dans le sang des tyrans ils vengent nos injures ! JEAN, se parlant à lui-même et portant la main à son

cœur.

Alors donc, ô mon cœur, d'où vient que tu murmures. Et pourquoi sous mes pieds cet abîme de feu?

{A Zacharie.) Oui, je doute de vous, de moi-même et de Dieu. Je n'irai pas plus loin !

ZACHARIE

Qu'oses-tu dire?

JEAN

Que je veux voir ma mère!

ZACHARIE

Ou plutôt son trépas!

Car si tu la revois, ne t'en souvient-il pas. Dans l'intérêt du ciel, à l'instant elle expire! JEAN, se levant, et jetant son épée.

Pour ra'immoler d'abord reprenez donc ce fer! Je vous le rends, adieu! L'Allemagne enchaînée Est libre par mon bras ; ma lâche est terminée !

ZACHARIE

Jeanne a sacré dans Reims le roi qui lui fut cher; Toi, tu dois être un jour couronné dans Munster! JEAN, avec force.

Ma lâche est terminée.

Je n'irai pas plus loin !

ZACHARIE, derrière lui, à part, et portant la main à son poignard.

Par Satan et l'enfer !..

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