‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 898 sur 975 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Les précédents, lia et la troupe des Aimées qu'elle conduit. Elles s'éliincent sur le théâtre a ix sons d'une musique vive et entraînante. AZAEL, AMKNORHIS, ses compagnons et le peuple font cercle autour d'elles.

NHFTE, parlant toujour.s à Bocchoris et lui montrant

Lia.

Et tenez, Bocchoris... tenez, regardez-la !

lÀ VOIX basse )

Vous l'avez, pour ce soir, iiiviti-e à vos fêtes!

[Geste de Bocchoris qui veut nier.)

C'est une de ses SDurs qui me l'a dit. (I Bocchoris, qui reste confondu.)

FJiliien!

BOCCHORIS, à part.

Grand Osiris!.. c'est ellï-ajaiit combien Les danseuses sont indiscrètes !

[Il s'approche de lia qui danse, et saisissant un mom nt où cUe se repose, il lui dit à voix basse . )

On vous attend toujours! a ce soir! à minuit!

{Lia fait sijnc qn'ette sera exacte au rendez-vous.)

Vous et VOS compai^nes !

[V<ime geste.)

C'est dit!

Bocchoris s'èloig e en la regardant toujours et rentre dans te temple I la se remet a danser, en se jeiaiit de temps en temps un coup d'ail sur .' zaet. qt/i, comme fascine par ilte, suit tous ses moucemeiiti, Amenophis et ses atnis entrent dans le pavillon à ijauche qui appartient à .izael, et oïl une table de jeu est dressée; mais Asael ne t'aper^o t pas de leur départ et reste a regarder danser Lia. Iles marchand, offrent à Azael des étoffes cl d< a bijoux II achète et prodigue l'or sans coniplcr ; et pendant que Sefté choisit de nouvelles parures, A iael s'elunce vers Lia d'un air passionné.)

Toi, la plus belle, accepte cette chaîne !

[Lia la regarde en souriant et la lui r.nd ; e.le n'tii veut pas. Elle ne veut riengue le plaisir d'élre trouvée belle et d'être aimé . Azael insiste. Eh bien, SI inblc-t-eltc lui dire, en lui mollirent l'éeharpe de Jepbt'ele qui lui sert de ceinture: Jb KK VLUX du TOI QVE CE G GH. Azael, interdit, lui répond en hésitant : )

Ce vode!.. Non, Lia, je ne puis te l'otyrir! C'est un gage d'amour!

NEFfE, qui, depuis quelques -instants s'est approchée d'eux, s'écrie en saisissant le voile :

Et loin iprelle l'oldienne.

C'est à moi désormais qu'il doit appartenir !

( t/aia Lia, qui vient de se glisser derrière Sefté, lui enlève à son lour le voile, le jette à une de ses C0'np(ii7nes qui le repasse à une autre ; le voile voltige ainsi de mains en mains, et rcviei.t enfin dans celles de Lia. Neflé, furieuse, est i entrée dans le pavillon, et Azaël tombant aux pieds de Lia qui agite le voile cu-d,ssus de sa ti'te . )

AZ.^EL, avec éijarement.

Dis tùi-m.5me à quel prix tu prétends me le rendre'? Mais rends-le-moi! Reponds ! Réponds!

(^10 sourit sans lui répondre, fait voltiger le voile et s'enfuit en reg.T. dont Azaël, qui pousse un cri de joie.)

Ah!.> viens le prendre!

A t-elle ilit... Courons!

[fendant ce temps, Seft', qui est sortie du pavillon et qui a remonté le théâtre, se place devant Azaël et l'arrête.)

NEFTE, /»( montrant le pavillon.

Oua' d vos amis joyeux Vous attendent chez vous pour commencer leurs jeux!

( inéiiop/lis et ses amie se (t'rent tt l'appelLnt Azai-l rentre deins le pa~ Villon. Les danses reromniencenf ; continuation du buttet. / endanf ce temps, et d'un air ïnsouctont, Azael s'est assis a la table. Amètiophis, derrière lequel ycfté se tient debout, joue contre .izaël. Le jeu s'anime et s'échauffe. Azaël, distrait, fuit à peine attention au jeu et regarde toujours si Lia ne revient pas. Il perd des sommes considcrabtes, et e. fi", commentant à s'impatienter de sa mauvaise fortune, il double, il triple son jeu, et tient tète a tous les parieurs. Les des routent, et pindant ce temps les danses continuent toujours. Azaël n'a pas vu Lia, qui vient de revenir. Elle entre dans le pavillon, le glisse derrière le siège d'Azaël, examine quelques instants lejiu;puis, arrêtant de sa main les des dont rc sert ,lllicnop/iis, elle s'en empare it montre â Azaël qu'ils ont plombés. Tout la mond« se lève et quitte le pavillon en désordre.)

AZAEi., descendant furieux sur le théâtre. Oui, les dés étaient faux!.. Trompe, trompé (lar eux!

!«ORCEAU D'ENSEMBLE.

Infâme et lAche ru-el Amitié sans honneur!

De ce cœur qu'on ahuse Redouiez la fureur!

[i Lia, qu'il prend par la main.)

Et toi, ma seule ame,

Viens!., je rends gr.'ice aux dieux,

Qui sur leur perfidie

Par toi m'ouvrent les yeux !

NtFTE, AMENOPHIS ET SIS AMiS. "

Quoi! d'une telle ruse Soupçonner notre cœur!

C'est vous que l'on abuse.

Craignez notre fureur!

Pour une autre il oublie Jusipi'aux plus tendres nœuds!

Et tant de perlidie Nous ouvre enlin les yeux!

NT-FTÉ, allant à .iménophis d'un air imliijni'. T'accuser!.. loi, mon frère!., et ton nom révéré!..

[À ce mot de frère. Lia se met à rire en haussant les épaules, et rép'>nd â

Azaël qui l'interroge : Lei ! so?l freiib !.. il ne l'a jiiiijîs été! )

AZAtL.

Qui>il.. ce n'est pas son frère!., et ce titre sacré Entre eux n'existait pas!

[Lia repond par ses gestes ; Jamais! jamais! et portant la main à son

cœur, silo semble dire : L'AMOun SEUL LES eMT ]

AZALI., à Aeftc.

Il est donc vrai, perfide!..

Va-t'en! ne tente point la fureur qui me guide!.. KEFTE, se retournant vers Lia qu'elle menace. Lia!., je me vengerai!

[Lia recule en riant et en dansant.)

NtFTE, la menai'ant toujours.

De toi!., je me vengerai!

(f.ia, sans lui répondre, fait une double pirouette, et va rejoindre ses compagnes qui vieni ent de s'élancer entre .iniéiio,lii , ses compagnons et -Uoel. et les ont séporès. Lia et tes Atmccs vimnent de s'tmp .rer dit initicu du Ih dire, tt se remettent à danser pendant qu'/lméi.op/iis e tVe^ic à gauche, et qu'Azaëtà droite, reprennent l'ensemble précédent )

ENSEMBLE

NEFTÉ, AirtNOPHIS ET SES COMPAGNONS.

Quoi! d'une telle ruse Soupçonner notre cœur!

C'est vous que l'on abuse, daignez notre fureur!

Pour une autre il oublie .lu-ipraux plus tendres nœuds!

Et t.uit de perfidie Nous ouvre enfin les yeux!

(Lta et les Aimées au milieu du théâtre et dansant.)

AZAEL, furieux.

InfAme et lâche ruse !

Amitié sans honneur !

De ce cœur tpi'on abuse.

Redoutez la fureur!

f 1 Lia, qu'it prend par la main.)

Et foi, ma seule amie,

\ leijs!.. je rends grâce aux dieux,

Qui sur leur pertiiiie

Par toi m'ouvrent les yeux!

[Neftè, en s'en all.int, menace encore Lia, qui, pour te soustraire à sa poursuite, se réfugie dans le pan/ton a gauche, et tombe sur un fauteuil ou ellese lenversc e.t riai.t aux éc'uts. I\',flèet Aménophis disparaissent par le fond. Uiiférentê groupes se forment à droite, et s'asseoient près du temple en cousant; d'autres se tiennent debout au milieu du théâtre. Azael, pei.eif, reitre dais te pavillon. Il aperçoit Lia qui se lève et veut fuir. H t'arrête et tombe à tes pieds )

L'ENFANT PRODIdUI-:.

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