‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 90 sur 975 · EDMOND, CÉSARINE · texte numérisé non relu

EDMOND, CÉSARINE

CÉSARINE, à part. Ce n'est pas sans peine ! elle voulait rester... Li's femmes sont si cu^ieuse^!

EDMOND. En vérité, Ma lame, j'ai peine à me persuader ce q:;e je vois el ce que j'entends...

CÉSARINE. Oui, l'on a de la peine à s'avouer qu'on a été injuste.

EDMOND. Moi !

CÉSARINE. Vous m'avez promis de la franchise !

EDMOND. Et je tiendrai parole, au risque de me perdre... Eh bien ! oui, j'étais persuadé que vous étiez mon ennemie, que vous aviez piMir moi de l'avei-sion , de la haine; bien plus, car je n'ai jamais su feindre, il me semblait que vous ne négligiez pas une seule occasion de me nuire.

CESARINE. Je laisse à mes actions le soin de répoudre.

EDMOND, avecemijarras. Dans ce moment, il e>t vrai...

CÉSARINE. Hemettez-vous; je ne veux pas abuser de mes avantages. Parlons d'abord de vous, de vos intérêts... je n'ai ipieee muyen-la de nn' déleudrc. Celte nomin iti^io di? député vous lient donc bien au cœiir? c'est donc la l'objet de tous vos dé-iirs, de toute votre ambition ?

EDMOND. Non, Madariie!

CESARINE. Comment, non? ■' ' ■ ■ ••* ' •■

EDMOND. Vous voyez que j'ai crt VotiS plUs'dc' cnnriincd que vous ne pensez; mais votre bonté, votre générosité m'encouragent lellenjcnt qu'à pr(?sent je croirais vous faire injure en ne vous ouvrant pas mon eunir tout entier.

CÉSARINE. Et vous avcz raison!

EDMOND. Eh bien! .Madame... je n'ai pas les idées que l'on me suppose; je dé4re la considération, non pour elle-même, mais parce qu'elle me ra|qiroelu'rait d'un':' personne dont eu ce moment je suis trop loin par malheur.

CÉSARINE. En vérité? c'est là le motif...

EDMOND. Je n'en ai pas d'autres, je vous le jure. Ce n'est pas l'ambition qui remplit mou cœur, c'est une autre passion que depuis loiig'tempsje voudrais me cacher à moi-même et que je n'ai jamais avouée, pas môme à celle qui en était l'objet.

CÉSARINE. Et pourquoi donc ?

EDMOND. P.irce que jusqu'à présent j'étais sans espoir.

cÉSAiiiNE. Et maintenant vous en avez donc?

EDMOND. D'aujourd'hui seiilemont.

cÉSAniNE. Comment cela?

EDMOND. .\li ! je voudrais et n'ose vous le dire!

CÉSARINE. Pourquoi? Est-ce que je connais la personne?

EDMOND. Oui, .Madame, beaucoup. ■*' -''''■

CÉSARINE, souriant. En vérité! parlez.;; si j'ai quelque pouvoir...

EDMOND, vivement. Va très-grand ! Vous pouvez beaucoup

LA CAMARADERIE

sur elle et s'il faut vous l'avouer, vous pouvez tout!

cÉswwtiE, jouant l'élonnement. Que voulez-vous dire?

EDMOND. Que de vous seule dépend mon bonheur ! Un mot de vous, et je n'ai plus rien à désirer! Oui, cette amitié que vous m'olTrez si généreusement, j'y crois désormais, je l'implore, et si vous me secondez, si vous parlez pour moi, je suis sur d'obtenir sa main.

CÉSARINF.. Sa main... qui donc?

EDMOND. .Agathe, votre belle-fille.

cÉSARiNE. 0 ciel !

EDMOND. Oui, Madame.

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