‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 915 sur 975 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

AZAEL, seul, et ne parlant que par mots entrecoupés.

0 lionle!.. ô dMionneur !.. objet de leur dédain, Quoi! j'ai pu les prier, et les prier en valu !

AIR

J'ai tout perdu, Seigneur, Oui, tolit perdu jusqu'il l'honneur!

Tu vois qu'hélas ! ma vie Est à jamais flétrie !

C'est trop souffrir.

Ah ! laisse-moi mourir !

{Sentant ses farces qui l'ahandonncnt et ses yeux qui

se ferment.) Merci! Dieu tout-puissaut... vous exaucez mes vœux! La mort que j'implorais appesantit mes yeux ! (/( s'endort, et voit dans son sommeil la maison de

son père.) O vidlou de Gessen! ô riaute demeure!

Que protège le ciel !

[Il voit des jeunes filles vêtues de blanc, portant des corbeilles de fleurs et de fruits.) AZAEL, continuant son rêve.

C'est jour de fête ! . . ils vont adorer l'Éternel !

(Poussant un cri.) Jephtéle !

(// s'agite et fait des effortspour se rércillcr. Derrière Jephléle s'avance un vieillard qui s'arrête, lève les yeux au ciel et essuie une larme.) Et ce vieillard!.. Ali! c'est mon père! (/; étend les bras vers lui. Puis il se laisse retomber en disant avec désespoir et remords.)

Il pleure!

(En f? moment, des nuages s'élèvent de tous côtés et cachent ce tableau. Htnis du milieu de ces nuages se détache cl brille tin point lumineux. Aza'él voit apparaître l'auge qui servit de guide autrefois au jeune Tobie. L'ange lui montre d'ime main la maison de son père, l'est là qu'il faut aller! c'est là qu'il faut se prosterner; l'ange descend du nuage, marche devant Azaël en lui désignant le toit paternel. La vision disparait. Azaël se retrouve près des tenles de Nemrod, le conducteur de chameaux, étendu sur le banc de pierre.) Où suis-je? et quel espoir vient ranimer mon cœur? 0 vision céleste! . Ange consolatenr 1 (/( se lève, regarde autour de lui, et pousse un cri.) Ah ! c'est Dieu qui m'éclaire !..

Et m'eutr'ouvrant les cieux.

Un rayon de lumière Apparaît à mes yeux !

AIK.

Oui, j'irai vers mon père.

Et, courbé sous sa loi.

Le Iront dans la poussière.

Je lui dirai: C'est moi!

Moi dont la faute est grande Et les remords affreux !

Que ton pardon descende ! Sur ton iils malheureux !

Et si ma prière l Fléchit la colère.

Le pardon d'ilii père Est celui des cieux!

(Regardant autour de lui.) Oui, l'opprobre qni m'environne Aux plus vils emplois m'a soumis!

Même l'espoir, tout m'abandonne. .

Plus d'avenir et plus d'amis...

Plus d'amis!

(.ivec exaltation.)

J'irai vers mon père!

C'est moi I moi, mon jière.

Pauvre et malheureux !..

Et si ma misère Fléchit (a colère, Le iiardon d'un père Est celui des cieux !

(Avec animatioti ) Du désert la zone brilUuite

Je la franchirai !

Et la faim et la soif ardente

Je les braverai !

Toit paternel, sainte demeure.

Voici votre enfant !

Faites qu'il arrive et qu'il meure En vous voyant!

0 mon père ! ô mon père !

Pardonne sur la terre A ton fils malheureirx !

Car le pardon d'un père Est le pardon des cieux !

{Il s'claxce dansic désert et disparait, La toile tombe.',

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