‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 93 sur 975 · CÉSARI.NE, M. DE MIREMONT · texte numérisé non relu

CÉSARI.NE, M. DE MIREMONT

CÉSARINE. Eh bien ! mon ami, je vois avec plaisir que cela va mieux.

M. DE MIREMONT. Non , Vraiment!

CÉSARINE. La figure est excellente!

M. DE MIREMONT. Oui, mais je sens là...

CÉSARINE. Quoi donc?

M. DE MIREMONT. Je ne peux pas dire... et c'est là ce qui m'effraie.

CÉSARINE. Savez-vous ce qui vous ferait un bii.'u infini ?.. ce serait di' sortir un instant... en voiture...

M. DE MIREMONT. Du lout, je ue vcux pas m'exposer au grand air.

CrjsARiNE. Aussi nous irions dans un endroit bien clos, bien fermé... par exrmple à la chambre des députés, où il y a, dit-on, aujourd'hui une séance des plus intéressantes.

M. DE MIREMONT. Jc iii'on gai'ilerai bien; le docteur Bernardet m'a défendu de sortir.

CÉSARINE. .Mais, Monsieur...

M. DE MIREMONT. Il mc l'a défendu!., c'e.st très-dangereux !

CÉSARINE. Permettez!..

M. DE MIREMONT. Vous-mcuie en êtes convenue ! Vous savez que je suis soulTrant, et vous me l'avez dit !

cÉSARiNK, à part, avec dépit. Mais c'est (pi'il me croit maintenant, et impossible de le dissu ider ! Ah ! s'il m'arrive

LA CAMARADERIE

désormais de le rendre malade... j'y regarderai à deux

fois!

M. DE MiRKMûNT, s'osseyant. Je suis, parbleu! assez fài;bé d(! 11(3 iioiivoir sortir... j'aurais été aux élections de Saint- Iiciii-, etjf vais me contenter d'écrire aux électeurs les pkn iiilliieiils en faveur de M. Edmond qui vient aujourd'hui diiier avec nous.

( iis.\i\iMC. Coninient... il viendra!

M, DE MMiEMOisT. C'est VOUS (|ui ce matin m'avez conseillé de lui envoyer une invitation... un garçon de mérite i]ui pourrait bien devenir mon gendre, car ma fille le protège, elle m'en a parlé.

cÉSARiNE, cherchant à se modérer. Agathe ! et c'est elle (|ue vous croyez !

M. DE MiRËMONT. Si elle était la seule... je ne dis pas ! mais vous aussi, vous-même, malgré votre antipathie, n'avez pu vous empéchei' tmtùt de lui rendre justice, de me parler en sa faveur!

CESARINE, avec embarras. Moi , je ne m'y connais pas, et j'ai pu me tromper; tout le niunde se trompe.

M. DE MuiEMONT. Mai^ Bemardet qui s'y connaît, et en qui nous avons tous deux confiance; Hernirdct, son ennemi, qui n'a cessé de me le vanter, de nie le recommander.

cÉSAUi.xE, a part. 0 mon Dieu! tout tourne contre moi!

M. DE MiREMO.NT. Et il est (le fait, comme je l'ai dit à ma iille, que s'il est nommé député...

CÉSARINE, Vivement. 11 ne le sera pas il ne peut pas

l'être.

M. DE MiREMONT. Et pourquoi pas? comme tout le monde.

cÉsARl^■E. Parce qu'il n'a ni les protecteurs, ni le crédit, ni l'influence nécessaires...

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