‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 948 sur 975 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Et ce papier, qu'en ai-je fait'

ALI-BABAj seul, regardant son papier qu'il serre

avec

De mon salut il contient le secret!..

soin dans sa ceinture.

(5e fouillant avec crainte.) Ali! de frayeur mon cœur palpite,

A ce mot tout-ymissant, la roche s'est ouverte...

Où donc cst-il!.. je l'avais là...

Béni soit le prophiHe et notre cher Nailir!

{En apercevant les débris à terre)

Tapi dans un buisson, je lésai vus partir!..

Le voilà !

Tous!., je les ai comptés... leur demeure est déserte {Avec joie et émotion.)

(/( le sai.sit avec joie et l'ouvre vivement )

Et sans danger mon œil peut parcourir

Mon sang se glace :

Cft amas de trésors qui va m'apparlenir !

Tout est consume, plus de trace !

(// se retourne et aperçoit ses bannes de nifé.)

[.ivec une agitation toujours croissante.)

Que vois-je? mes cafés?., ah! scélérats maudits!..

Mais je pourrai m'en souvenir.

Ils me les avaient pris !..

Et ce mot?..

Larape me dévore...

(Éco!((aKf.)

Pour moi quelle leçon!

Dieu! quel bruit a frappé cette voûte?

Et j'hésitais encore !..

Ce sont eux, ils vont revenir!

[Vivement.)

{Hors de lui et cherchant en balbutiant.)

Ah ! je voudrais avoir la force de Samson

Ce mot!., c'était ..je crois!., non... c'est sans doute...

Pour leur emporter tout... voyons vite!..

Plus je le cherche et plus il s'obstine à me fuir!

{Il court à un tonneau.)

[.\louv(:ment plus marqué; la musique peint le galop

0 merveille!.

des chevaux, qui se rapproche peu à peu.)

Des tonnes d'or et des monceaux d'argent...

Et l'on approche!..

Je ne sais .si je veille...

J'entends sous cette roche

L'obscurité me trompe assurément !

Le galop des chevaux.

(// ro«r( à la lampe en tremblant de joie et allume

une

Répété par tous les échos.

{Avec désespoir et rejetant tout ce qu'il a pris.) Ce sont eux, je frissonne.

petite lanterne sourde qu'il a apportée; di ns trouble, il saisit, sans le regarder, le papier vient de mettre à sa ceinture, l'allume, et après

son

j't'il s'en

être servi, réteint sous son pied.)

Où courir?

Comment fuir?

AIR

La raison m'abandonne.

{Regardant de tous cotes.)

CHŒUR, au loin.

Mon œil se trouble et ma main tremble...

Rendons, amis, il en est temps.

Que de trésors ce lieu rassemble!..

ALI-BABA, égaré.

Qucds sinistres accents!

Tant de richesses à la fois !

Je ne saurais fixer mon choix!..

CIKIEUR, plus rapproché.

{Il court d'un objet à un autre.)

Rentrons, il en est temps.

Prenons d'abord

ALi-BABA, se soutenant à peitte.

Ces vases d'or!..

Je frissonne!

Non, non ! ces étoffes de prix...

Comment fuir?

Que vois-je '?.. des rubis?

Je n'ai plus qu'à mourir!

{Il en met dans sa ceinture.) Les rubis sont plus de mon poùt;

{Il se traîne tout tremblant et tombe presque épuisé

Mais c'est égal, je prendrai tout.

sous un quartier de roc qui le masque. Le bruit

{Avec force.)

augmente; les voleurs entrent en désordre avec des

Oui, oui, oui, oui, je prendrai tout...

flambeaujc.)

{Ouvrant un coffre plein de diamants et d'or.

Anges du ciel!., des diamants!..

Dieux!., qu'ils sont beaux, éblouissants!

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