‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 952 sur 975 · OURS-KAN ET CALAF · texte numérisé non relu

OURS-KAN ET CALAF

Que la misère accable... eh ! que veut-on encor?

Quel entêté! crains ma colère!

OUBS-KAN.

Ton argent seul te sauvera!

De l'or ! de l'or !

ALI-BABA, désolé.

ALI-BABA

Ce qu'on m'a pris devait suffire...

Jo n'ai plus rien.

Jusqu'à ces banues de moka!..

OURS-KAN

Mes cafés!..

De l'or! de l'or!

OURS-KAN

La feinte est inutile.

On te les rendra..

ALI-BABA

Eh bien! en faisant un clTort...

Et s'il faut cent sequins...

OURS-KAN, vivement.

Il nous en faut cent mille!

CALAF

Peux cents!

OUns-KAN.

Trois reiils!

ALI-BABA

Mais riiez tui f,u vas nouscomluirej Dans ton cliàtoau.

ALI-BABA, alarmé.

Chez moi?

Ot:RS-KAN.

C'est là que nous voulons Compter ensemble et recevoir nos fonds.

ALI-BABA, furieux et hors de lui.

Dans mon chiltL'au vous inlroiluirc :

Pour me voir pillé... dévasté.'..

Pour me réduire A la mendii'ilé. .

Pour jierdre en uu instant ce qui m'a tant coûté! (.^fcc plus de force.) Non, non, non, non, non, point d'affaire! Tuez-moi là !

Je le iiréfère ..

Du moins mon or me restera.

puRs-KAN, avec un geste de fureur EU bien!..

CALAF, bas, en le retenant.

Prenez-y garde... il se laisserait faire. ouRs-KAN, se raçtoucissaiit.

Bassure-toi; Je serai seul .. je n'emmène avec moi (Jue mon caissier pour toucher notre argent. Rien que nous deux., es-tu contenf?

4LI-BABA

Rien que vou§ deux?

Je l'aime mieux...

Et les autres?..

OURS-KAN, faisant signe à Thamar.

Ils vont (larlir Pour tenter une autre aventure.

Une allaire qui parait sûre.

ALI-BABA, à part.

S'ils pouvaient n'en pas revenir!

OURS-KAN

Pendant ce temps.

Comme deux bons marchands Qui viennent souper avec toi.

Tu nous conduis, Calaf et moi...

Tu nous paieras... nous souperons..- Et nos comptes faits... nous partons.

ALI-BABA, hésitant. Soit! S'il n'est pas d'antres moyens...

Mais... mais... trois cent mille sequins!..

CHŒUR, le menaçant.

Ah! c'en est (rop, déciUe-toi, Ou bien il y va de ta vie!..

DELIA, effrayée.

Il y consent!., oui, j'engage sa foi !

ALI-BABA, désolé.

Quoi! par mon propre sang notre cause est trahie ! Ils sont tous contre moi!

01 RS-KAN, bas, à Thamar.

Vous entendez?., de la prudence THAMAR, bas, à Ours-Kan.

Comptez sur notre obéissance.

ENSEMBLE

OURSKAN ET THAMAR.

De la prudence.

Du silence.

Et le succès Couronne nos projets!

CALAF, à part.

Mais quel mystère?

Que vont-ils faire ?

Si je pouvais Surprendre leurs projets!

(Thamar va parler bas au chœur )

OliRS-KAN

Allons ! anjis, prenei vos ai'in^g.

(Bas, à Ihriuiar.) Par un autre chemin...

THAMAR, bas.

J'ai conijirjs [ps projets.

Prenoijs nos .irnies!

Sans plus tarder il faut partir...

V A son ordre il faut obéir... ■

Prenons nos armes!

Marchons tous, voici l'instant;

L'ombre s'étend ; Le voyageur passe en tremblanl Près de ce bois qui double ses alarmes! Marchons tous... voici l'instant; La récompense nous allcnd.

[Les voleurs prennent des urmgs \ OURS-KAN, à .ili-Baba.

A ton honneur tu vois que je me livre. Mais songe à nous garder ta foi ; Je veillerai sur ta fille et sur toi.

Et pas un mot... ou vous cessez de vivre.

ENSEMBLE

OURS-KAN, bas, à TUffrtiar.

Dans les combats Guide )eur§ ji;is!

Valeur^ prutjence, La récompense Nous sourit!

ALi-BADA, à part.

Je n'ose, hélas !

Faire uq seul jias!

Dans le silence Et dans la niiif L'espoir me fuit!

Quelle iijiprudeuce M'a conduit:

DELIA

Grand Dieu, bélasi Guide mes pas!

Dans le silence Et dans ia nuit L'amour me ^qitj Et l'espérance

SIe conduit!

CALAF, à Délicf.

Ne tremblez pas.

Je suis vos pas !

Dans le silence Et dans la nui^" L'espoir nouisuit.

Si la prudence

Vous conduit !

CHŒUR DES \ OLEURS.

Sans plus larder il faut paitir; Voici nos aimes! '' Marchons tous... voici l'instant , etc.

{.i la fin ^1^ chœur, Thamar se met à la tcle des voleurs n^i défilent par la montée des rochers »u fond de la caverne; Our^-Kan, fait passer Ali-Baba devant lui; Calaf soutient Déliq.)

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