SCENE VL Les précédents; MORGIANE, pâle et effrayée
MORCEAU D'eNSESIBLË.
morgiane.
Ah! malheur!., désespoir!
CALAF
Qu'est-ce donc ?
DELIA.
Parle vile !
MORGIANE
Qui pouvait le prévoir?
NADIR
Quelle frayeur t'agite?
MORGIANE
Nous sommes tous perdus!
Notre mort est certaine !
TOUS
Dieux!
DELIA.
Parle bas!
MORGIANE
D'une espérance vaine!
Ah ! ne vous ilatlez plus.
TOUS TROIS, Centourant.
Eh bien!
ALI-BABA
MOBGiANE, d'une voix basse et entrecoupée. Pour olii'ir à votre père, D'un repas délicat j'ordonnais les apprêts. Les vins clioisiSj la bonne chère.
Le shiras, les sorbets...
Au niolia surtout je songeais; Et pour éviter tout reproche, Sous ce vaste hani^ar je pénétre et m'approche Defe.s ballots iiouvelleinent reçus.
Dans le premier j'allais en prendre ; 0 surprise .. 0 terreur!
Une vol\ sombre, et qui glace mon rœm', Sort aussitôt... Je crois encor l'entendre : [Imitant la voix.) « Est-ce l'heure?.. Nous sommes prêts! » TOUS TROIS, répétant avec frayeur.
Nous sommes prêts!
MOBGUNE.
J'étais mourante, Mais de mon épouvante Redoutant les efl'ets, Je réponds ;i voix basse :
« Pas encore, attendez!.. » Près du second je passe, [Imitant la seconde voix.) « Est-ce l'heure'?.. Nous sommes prêts. »
TOUS TROIS
Nous sommes prêts!
MORGUNE.
Pâle et tremblante. Je continue, hélas!
A chaciue pas...
Partout... même demande... Enlin ils sont quarante Cachés dans ces lieu'x, Prêts à nous égorger.
TOUS, frappés.
Grands dieux!
[Silence. — Ils se regardent avec consternation.) ENSEMBLE, à voix bosse.
Plus desperance!
Moment l'atal!
Oui, oui, de la mort qui s'avance Je dois enteiiilre le signal.
[Délia s'appuie sur Nadir, tandis que Mori/iane lui baise la main en signe d'adieu.) c.^LAF, à part.
Quarante!
(Les regardant.) Leur perte est certaine.
Je n'hésite plus, et décidément Je tiens mon serment; Je suis pour le capitaine.
NADIR
Je ne puis croire encore aux horribles projets
Que ce complot m'annonce, et veux voir par moi-même.
CALAP.
Vous oseriez!
NADIR
Silence!
CALAF
Je me tais !
(I\'adir va au fond, soulèce les rideaux qui ferment le hangar, et l'on aperçoit les bannes de café rangées et entassées les unes sur les autres; Nadir frappe de son poignard sur les deux premières, et l'on entend deux voix.)