‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 957 sur 975 · SCENE VL Les précédents; MORGIANE, pâle et effrayée · texte numérisé non relu

SCENE VL Les précédents; MORGIANE, pâle et effrayée

MORCEAU D'eNSESIBLË.

morgiane.

Ah! malheur!., désespoir!

CALAF

Qu'est-ce donc ?

DELIA.

Parle vile !

MORGIANE

Qui pouvait le prévoir?

NADIR

Quelle frayeur t'agite?

MORGIANE

Nous sommes tous perdus!

Notre mort est certaine !

TOUS

Dieux!

DELIA.

Parle bas!

MORGIANE

D'une espérance vaine!

Ah ! ne vous ilatlez plus.

TOUS TROIS, Centourant.

Eh bien!

ALI-BABA

MOBGiANE, d'une voix basse et entrecoupée. Pour olii'ir à votre père, D'un repas délicat j'ordonnais les apprêts. Les vins clioisiSj la bonne chère.

Le shiras, les sorbets...

Au niolia surtout je songeais; Et pour éviter tout reproche, Sous ce vaste hani^ar je pénétre et m'approche Defe.s ballots iiouvelleinent reçus.

Dans le premier j'allais en prendre ; 0 surprise .. 0 terreur!

Une vol\ sombre, et qui glace mon rœm', Sort aussitôt... Je crois encor l'entendre : [Imitant la voix.) « Est-ce l'heure?.. Nous sommes prêts! » TOUS TROIS, répétant avec frayeur.

Nous sommes prêts!

MOBGUNE.

J'étais mourante, Mais de mon épouvante Redoutant les efl'ets, Je réponds ;i voix basse :

« Pas encore, attendez!.. » Près du second je passe, [Imitant la seconde voix.) « Est-ce l'heure'?.. Nous sommes prêts. »

TOUS TROIS

Nous sommes prêts!

MORGUNE.

Pâle et tremblante. Je continue, hélas!

A chaciue pas...

Partout... même demande... Enlin ils sont quarante Cachés dans ces lieu'x, Prêts à nous égorger.

TOUS, frappés.

Grands dieux!

[Silence. — Ils se regardent avec consternation.) ENSEMBLE, à voix bosse.

Plus desperance!

Moment l'atal!

Oui, oui, de la mort qui s'avance Je dois enteiiilre le signal.

[Délia s'appuie sur Nadir, tandis que Mori/iane lui baise la main en signe d'adieu.) c.^LAF, à part.

Quarante!

(Les regardant.) Leur perte est certaine.

Je n'hésite plus, et décidément Je tiens mon serment; Je suis pour le capitaine.

NADIR

Je ne puis croire encore aux horribles projets

Que ce complot m'annonce, et veux voir par moi-même.

CALAP.

Vous oseriez!

NADIR

Silence!

CALAF

Je me tais !

(I\'adir va au fond, soulèce les rideaux qui ferment le hangar, et l'on aperçoit les bannes de café rangées et entassées les unes sur les autres; Nadir frappe de son poignard sur les deux premières, et l'on entend deux voix.)

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