‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 2)Chapitre 959 sur 975 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

Les PRÉCÉDENTS, OURS-KAN, ALI-BABA, Femmes.

(Des femmes apportent une table richement servie, que l'on place de côté et que l'on environne de coussins; d'autres femmes portent des plateaux sur lesquels sont tes vins, les sorbets, le café, etc.) OiRS-KAN, bas, à .ill-Baba.

Tu le vois, je tiens mes promesses; Je n'ai puisé dans ton trésor Que deux cent mille pièces d'or; C'est bien peu, pour tant de richesses. ALi-BABA, troublé.

Oh!

OORS-KAN, à part.

Mais j'ai vu le reste et je sais le chemin. {tl aperçoit la table.) Eh! mais, quel splendide festin!

Vraiment, on n'est pas plus aimable!

A ce repas agréable, Je sens que je vais faire honneur.

Allons, allons, à table !

(A Nadir et à Ali-Baba.) Imifez-mol.

[Il s'approche de la table.)

ENSEMBLE

ALI-BABA, DELIA, MORGIANE, à part.

Je cède à ma frayeur ! NADIR, à part.

Contenons ma fureur!

OURS-KAN, à part.

Le sommeil va bientôt les livrer sans délense. Attendons que la nuit s'avance {Regardant le hangar.) Pour donner le signal.

(Baut, et buvant.) Du shiras excellent!

{Regardant les esclaves.) Et de jeunes beautés au regard séduisant! Allons, pour charmer cet instant.

(Ji

AL[-BABA

De la miisii|uc. de la daiHC, Tous les plaisirs!

[lise verse encore à boire, en s'n^xetjnnt sur une pile de coussins; i( a fuit placer Ali-Bnhu à côte de lui, et Délia près de son père. Morgiane et .\adir sont au milieu du théâtre; Calaf est seul à l'extrémité opposée à la table.) M0RGI.1XE, bas, à yadir, et comme frappée d'une idée subite.

Oui... je u y pensais pas.

NADIR, bas.

Que veus-tu faire?

MORGIANE, bas.

Parlez bas.

{Elle fait un signe de calé, et l'on voit accourir toutes 'les femmes esclaves d'Ali-Baba et de y'adir, qui tiennent des vases, des coupes d'or, des instruments de musique à la main. — Pendant ce mouvement :) MoRGiAXE, bas, et montrant Ours-Kan.

Il faut tromper sa surveillance.

Oui, grâce au désordre, à la diinse.

Je pourrai m'îchapper et chercher du secours. NADIR, bas, et vivement.

Je veille sur leurs jours...

Et ce poignard... s'il voulait faire entendre {ilontrant Ours-Kan.) Le funeste signal que nous venons d'apprendre... oiRS-KAX, se tournant vers I\'adir, comme s'il l'attendait.

Eh bien!..

KADiR, aux femmes, et avec une gaieté affectée. Que tout ici rer^pire le bonheur!..

A notre hole faisons honneur...

[Il va se placer rirés de Délia et suit tous les mouvements d'Ours- Kan; les jeunes esclaves, guidées par Morgiane, entourent successivement Ours-Kan et cherchent à attirer son atteniion, à le séduire; les unes lui versent à boire, d'aulres lui offrent des sorbets, sa pipe : on place près de lui des cassolettes parfumées; tout cela s'exécute au milieu de danses gracieuses, à la faveur desquelles. Morgiane s' est échappée; Calaf, qui s'en est aperçu, cherche à se rapprocher du capitaine.) CALAF, bas, au capitaine, pendant la bacchanale. On en veut à vos jours 1

(Ours-Kan lui fait signe de se taire, lui montre le hangar en lui disant quelques mots à l'oreille: Calaf se perd dans la foule ; pendant ce mouvement, .Morgiane est rentrée trés-troublée et s'est approchée de Kadir ) MORGIANE, bas, à Xadir.

Notre perte est jurée...

Tout est fermé!..

KADiR, bas.

Grands dieux!

MORGIANE, bas, ct montrant Ours-Kan.

Il n'a rien oublié...

Et notre mort est assurée Si de nous le ciel n'a pitié!..

(.\adir fait un mouvement ; Ours-Kan se tourne vers lui, le fait asseoir en lui offrant à boire; les danses sont devenues plus vives, plus animées; les groupes

se mêlent, se poursuivent, se confondent et sont terminés pur un tableau général. On entend \in grand bruit, comme sil'on brisait desportes, tout le monde se lève, excepté Ours-Kan.)

orRS-KAN, à part.

Ce sont mes gens!..

TOis, avec effroi.

Quel bruit affreux!

{Le théâtre se remplit tout à coup de soldats guidés par .iboul-Hassan : ils portent des torches allumées et .lont suivis des esclaves hommes d'.ili-Baba et de \adir, qui accourent sur leurs pas.)

Page 1