‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 105 sur 783 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

lll.NKl, VALKlUi;. rundull:- par AMBROlSE.

VALERIE. Henri, èti\— VOUS là?

HENRI. Oui, sans doiite ; cl je désirais bien vous voir.

VAi.ÉRu;. Eh! vjte, .\inbroise, conduis-moi i\c ce ctàfé! [Lui foulant la main.) Honjour, mon ami, je vous ai fait att' Il II!', ce n'est jias ma faute ; je ne vais pas ans i vite t|iie je le voudrais !

AMiîROisE. Oh ! vous allez encore un bon pas, surloul pour moi! Oui m' urail juii.iis dit qu'à snix uilc-.-ix ;.ns je serais le condu leur d'une jeune el jidie lill • telle tiue vous?

VAi.ÉiUE, tjaienicnl. (àunme ma cousine me le lisait l'autre jour tlaiis cet opei'a fraiu;iisde Richard, tu es mon .Viilonio.

AMURoisE. Oui, un .\nttiuio caelue.

VALERIE. Tant mieux. Ta vieil esse me permet de inacipiilter envcis toi. Tu me guides, et je le soutiens.

AMiiRoisK. Si Vous Vtuilicz bicu, vous pourriez un jour vous guider vou-uiéme. Vous avez be.ui dire, je n'ai pas perdu tout espoir.

VALÉaiE.

w i: ii:. M iii hou Aniliroiso. ne parlons pas do cela, jo t'en pi'ii'; t:i sais (licii qvh^ les irons les ]>liis liaijilos de C} pays oui doelar.Mpie c'élait inipossilde.

AMunoisE. D'areord; mais un habile Imnime d'AlhMna^nc pcul itrc un ii;ni)i\uit flans nii antre pays. En Franco, par exemple, si je vous racontais ce qui m'est ariivé, à moi.

iiF.Mu, bas, à Valérie, Valérie, j'ai besoin de vous pailer. Renv(iyez-le.

YAi.KRiE. Laissez-lui achever son histoire; ce vienx serviteur aime à raconter; je suis pauvre, je n'ai ri('n. Je le paye en écoutant. (.1 Ambroise.) Eh bien?

AMBRûiSE. Depuis Inngtemps j'étais comme vous privé de la vue, et Tannée dernière, lors de la mort de M. Blumfeld, mon ancien maître et le mari de Madame, je me trouvais avec lui à Paris.

HENRI. Oni,je>aisquetn Tav-iis accompagné dansce v«iyage. .AMBROiSE. Il n'était question alorsqucd"un savant docleur, le plus célèbre de toute TEuMpo, qui faisait, disait-on, des cures merveilleuses. J'y allai par curiosité. Un grand hôt'l, des voitui'cs dans la cour, à ce qu'un me dit du moins, une antichambre immense, où l'on me fait attendri! deux heures un quart : enfin on se serait cru chez un ministre ! HENRI. Eh bien, voyons. Ce docteur t'a gu ri. AMBRoisi:. Du tout, Monsieur! j'étais pauvre; il ne voulut seulement pas m'écouter; et je me retirais, lorsqu'un jeune homme, qu'à ses discours je pris pour son élève, m'arrête, et, croyant me reconnaître à mon accent, me demande si par hasard je ne suis pas Allemand.

VALÉRIE. Eh bien, qu'est-ce que lu as répondu? AMBROisE. J'ai répondu ia mein herri il n'y avait pas de meilleure réponse. — De quelle province? — Souabe. — Connaissez-vous Olbruk? — J'y suis né. — Quoi ! vous êtes d'Oibruk? combien je suis heureux! Et moi, jugez comme j'étais fier de trouver à Paris quelqu'un qni connût notre ( ndroit.

HENRI, vicement. Enfin, c'est lui qui t'a rendu la vue? AMBROisE. Oui, Monsieur. Quel beau jeune homme! un air noble, distingué; et quel talent I comme il m'ocoutait parler, celui-là; et avec tous les développements convenables! HENRI, souriant. J'entends; mais avec ce heau jeune homme et cette physionomie si distinguée, combien cela l'al-il coûté ?

AMBROisE. Je ne vous dirai pas au juste, vu qu'après l'opéralion il m'a mis vingt-cinq louis dans la main^ en me souhaitant un bon voyage!

VALÉRIE. Comment! il serait possible!

HENRI. Je ne puis le croire encore !

VALÉRIE. Je te remercie, Ambroise ! ton histoire est en eftet irès-singulicrc ! malheureusement nous ne sommes pas à Paris, et l'on ne fait pas chez nous de pareils miracles ! AMBROISE. Vous crovcz pout-ètre que j'en impose? VALÉRIE. Non, certainement ; mais que je ne te retienne pas, Ambroise; je n'ai pas besoin de toi.

AMBROISE. Merci, Malemoiselle; car on vient de nous donner des ordres pour ce comte de Halzbourg qu'on attend, ce seigneur qui vient, dit-on, pourépi>user Madame, et c'est tout au plus si j'aurai le tem[)S néjes.saire, [Il sort.)

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