SCENE IX
Les PRÉCÉDENTS, VALÉRIE, cyi/AMBROlSE suit de loin.
VALÉRIE. Elle s'élance rapidement de la porte de côté. Laissez-moi, laissez-moi ; je Vois! je vois ! [Elle fait quelques pas au m dieu du théâtre; elle s'arrête en chancelant et comme éblouie du rayon de lumière qui la frappe.) Qui m'a touchée? qui m'a arrêtée? [Ouvrant de nouveau les yeux et étendant la main comme pour saisir l'air et la lumière.) Où suis-je? quel est ce iuoikL nouveau? ces objets inconnus qui m'environnent, qui me touchent et que je ne puis saisir? [Se regardant et regardant autour d'elle.) Dieux! je ne suis pas seule! 0 merveille que je ne puis comprendre! ô spectacle éblouissant qui confond ma raison! Oui, c'est là le jour, c'est la lumière, c'est la vie! [Croisant ses mains et tombant à genoux.) 0 mon Dieu ! je te rends grâce, je sors de ma prison, j'existe !
CAROLINE, allant à elle. Valérie, mon amie!
VALÉRIE. Dieux, quelle voix! c'est toi, Caroline; laissemoi te connaître, que je te regarde! Que tu es belle! autuit que tu étais bonne... [Elle se retourne, aperçoit Henri et le comte qui sont l'un à côté de l'autre.) Ah! [Elle les regarde, hésite un mstant, et va droit à Ernest. Arrivée près de lui, elle s'arrête, détache son bouiw^t et le lui présente.) Tiens, Ernest !
LE COMTE, se jetant à ses genoux. Ah! je suis trop récompensé.
AiiBROiSE, à Valérie, lui présentant un bandeau nuir. Allons, Mademoiselle, encore pendant (juelquL's jours ; c'est par ordoiuiaiice du doctour.
vALÉiUE. Qiioi! déjà redevenir av(Migle !
LE COMTE. Ce matin, Valérie, vous trouviez que c'était un état si agrcable ?
VALÉKiE, le regardant. Ah ! je n'avais pas vul
UN DE VALERIE.
LES INDÉPExNDANïS.
IJ^:S INDÉPEADAAl^S
COMÉDIE EN TROIS ACTES ET EN 1»K0SE neprésriitee, pour la première ToIm, à l'arl.s, sur le ThéÂtrc-FraiiçuH, le SO iioiciiibrc 1S39.
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Prrôonnagrs.
M DHENNEBON, employé.
ÉMU.IE,?! tVmine ESTHER, sa-m- .l'Emilie. iM. DE ROUVRAY, d. puté.