SCÈNE X
nilKNNEHON, EMILIE, ESTHER.
ESTHER, allant à lui. MiMi cher beau-frère !
OHENNEnoN. Ma chèn' belle-sunir ! y a-l-il longtemps que l'on ne vous a vue? [lias, à y(j femme.) Dieu ! comme je la trouve viillie!..
EMILIE. Veux-tu io tiiiv!
LES INDÉPENDANTS
miKNNKiîitwr//» même. LesdomoisLllosà cet np[C-lii so faiiont l(»iit (le siiilf!.. tiiiidis que toi... (|iirll(' dillYTonce!
KSTlIKIl. Qui! (lit-il?
K.Mii.iK. Rien... il me parle de ton appartement, et nous allons arranger cela ensemble jiour que lu sois comme chez oi, et tout à fait libre. [Elles causent à voix basse toutes U's deux.)
DHE.NNEBON, o jiart. Ce diable de Rouvray vient de ra'envoyor ses eoupons de chemin de fer!., et pour la première clio.se que j'ai laite sans consulter ma femme... ça m'inquiète liorrililement! {S'apiJrochaiit.) Chère amie, je voudrais bien le pai'ler.
KMUjr. Plus tard!.. Je suis là avec ma sœur!..
DUEN.NEiiON. C'est justa!.. Tu ne veux pas que nous sortions e;isendile (ont à l'heure?
EMILIE. Pourquoi ?..
DiiE.NNEiiON. Pournous promener.
EMILIE. Du tout !
DiiENNEBON. Alors, jc rcste... c'est que, tu ne sais pas, M. de Rouviay était ici tout à l'heure.
ESTHER. M. de Rouvray!.. je connais ce nom... le comte de Rouvray?
DHENNEBON. Précisément.
ESTHER, Un parent éloigné... un arrière-cousin de mademoiselle de Vaucresson, ma marraine !
EMILIE. Et de plus, l'oncle d'Edgard.
ESTHER, à Dhennebon. Eh bien?
DHENNERON, à sa femme, avec embarras. Eh bien! il me !> irlait tout à l'heure des chemins de fer et de leurs actions, qui sont très-avantageuses...
EMILIE. Qu'est-ce que ça nous fait?
L>HEN>EB0.\, hésitant. Si nous en prenions quelque"s-unes? quest-ce que tu en dis?
EMILIE. Que ça ne convient pas à un employé qui ne s'y entend pas.
DHENNEBON. Mais Ics autrcs n'y comprennent rien non plus !
EMILIE. C'est pour cela qu'ils en prennent.
DHENNEBON, avec embarras. C'est qu'il m'avait proposé..-
EMILIE. Tu refuseras!
DHENNEBON, de même. Et sous quel prétexte?
EMILIE. Tu diras : Ma femm<! ne veut pas!
DHENNEBON. C'cst Vrai ! Et s'il demande pourquoi?
EMILIE. Parce que je ne veux pas!
DHENNEBON. C'cst juste!. . ça répond à tout!..
EMILIE, à Esther qu'elle emmène. Viens, chère amie !
ESTHER, bas, à sa sœur, en s'en allant. C'est inconcevable ! une soumission pareille dans un mari !
EMILIE, souriant. Tu le vois!., voilà conime nous sommes, nous autres esclaves ! [Elles sortent tuutes les deux par la porte à droite.)