‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 134 sur 783 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

DHENNEBON, puis M. DE ROUVRAY.

DHENNEBON. Au fait!., (dès que ma femme n'en veut pas, il faudra bien que Rouvray les reprenne. [Le voyant entrer.) Ah ! c'est toi ! quel bon hasard l'amène?

M. DE ROLVRAY. Je suis bien aise de te trouver encore. J'ai des renseignements à te demander sur quelijirun que tu dois connaître : une demoiselle de province, fille majeure, mademoiselle Esther Delarochc...

DHENNEBON. Oui, vraiment!

• M. DE ROUVRAY. Pareutc ou alliée, vient-on de me dire, de, M. Dhennebon, chef de bureau à la guerre.

DHENNEBON. C'cst ma belle-s(Kur... la sœur de ma femm<'.

M. DE ROUVRAY. Très-bicu. Dis-moi oùje pourrai lui écrire?

DHENNEBON. Elle est ici, à Paris.... et demeure chez nous.

M. DE ROuvaAV. Encore mieux!.. Je viens de recevoir po'.ir elle, de Bretagne, des |)ai)iers que j'allais lui adresser. . el qu(! j'aime mieux lui remettre à elle-même... si tu ve.ix bien le permettre.

DHENNEBON, l'arrêtant. Un instant!., jc \oulais ie parler de nos actions!..

M. DE ROUVRAY. Ah ! tu OU as reçu les coupons?

DHENNEBON. Oui, iiion ami.

M. DE ROUVRAY. Boime affaire pour nous... mon neveu nous en a acheté à un cours excellent!., et avant la fin de la Bourse ça avait déjà monté!

DHENNEBON. J'en suis enchanté! parce que je voulais le prier de les re])rendrc.

M. DE ROUVRAY. Pourquoi cela? as-lu peur!

DHENNEBON. Nou, mou ami!..

M. DE ROUVRAY. Eh bien! alors, pourquoi?

DHENNEBON, avec embarras. C'est que... c'est que... ma femme ne veut pas!

M. DE ROUVRAY, riant de pilir. Ta femme ne veut pas!., ah çà! tu n'es donc pas le maître?

DHENNEBON, vivement. Si, vrainuml !

M. DE ROUVRAY. C'cst douc ta femme qui commande?

DHENNEBON. Non, mou ami!., c'est seulement son avis qu'elle m'a exprimé avec crainte et respect !

M. DE ROuvR.vY. Est-ce qu'elle s'y connaît? est-ce qu'e'le peut s'y connaître? et toi qui es homme, qui as du caractère, qui es le chef de la communauté... tu aurais besoin de son approbation pour une affaire excellente ?

DHENNEBON, hésitant. Au fait, je suis le chef...

.M. DE ROUVRAY. Une affaire qui peut t'enrichir, et qui commence déjà!., cinq ou six cents francs de bénéfice '.. en une heure !

DHENNEBON. C'cst plus quc mes gratifications de toute l'année! et si cela continue ainsi...

M. DE ROUVRAY. Te voilà riche !

DHENNEBON. Mieux eucore... me voilà mon maître!., je n'irai plus au bureau... ou j'irai en voiture.

M. DE ROUVRAY. Cela dépend de toi... voilà l'occasion; et à moins que tu ne sois pas libre...

DHENNEBON, ovec fierté. Je le suis!., je le serai toujours!

M. DE RouvR.w. Eh bien! alors, garde tes actions!., nous avons justement aujourd'hui un petit dîner avec les deux ou trois principaux actionnaires... un dîner de garçons... quoiqu'ils soient tous mariés!., veux-tu en être?., je te régale !

DHENNEBON. Moi !..

M. DE ROUVRAY. Uuc partie fine! au Rocher de Cancale !.. nous nous amuserons !

DHENNEBON. Dauie!.. mon ami !..

M. DE ROUVRAY. Il faut s'amuscr quand on est jeune !.. et puis nous avons ce soir une loge à l'Opéra ! une avant-scène !

DHENNEBON. Partie complète !

M. DE ROUVRAY. Oul, Vraiment !

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