SCÈNE XII
M. DE ROUVRAY, ESTHER, EDGARD, EMILIE; DHEN- NERON, mtrant par le fond.
DHENNEBON, pâle, en désordre, et sautant au cou d'Emilie. Ma femme!., ma femme! embrasse-moi!., j'en suis dehors .. j'en suis quitte... je suis le plus heureux des hommes!
EMILIE. Qu'as-tu donc?
DHENjiEBON. Mon agent dc changc, (.4 Edgard.) votre frère, a revendu pour moi!..
M. DE ROL'VRAY. Sans me consulter... à une perte énorme!..
DHENNEBON. Du tout; je ne perds ni ne gagne : il a saisi adroitement un moment de hausse.
M. DE ROCVRAY. il cst bien habile... il n'y en a pas eu
au contraire!..
ESTHER, à demi-voix , et lui serrant la main. Taisez-vous donc!
M. DE ROUVRAY, vivcment. Ah ! oui... oui, je comprends!..
des nouvelles d'Espagne une victoire qui cinq minutes
après s'est trouvée une retraite... C'est toujours comme ça... ça monte et ça descend...
DHENNEBON. Et tu u'as pas, commc moi, profité de la bonne veine?
M. DE ROLVRAY. Nou, mon ami.
DHENNEBON. Lui qui pourtaut a l'habitude de la Bourse! ça prouve comme c'est difficile d'y bien jouer!
EMILIE. Raison de plus pour s'en abstenir!
DHENNEBON. C'est fini, ma femme, c'est fini!., j'ai man(|ué en faire une maladie... j'étais un insensé qui ne ci»nnaissait
pas son bonheur un aveugle qui a voulu marcher sans
son guide, et qui le reprend.
M. DE ROUVRAY, qui s'est approché de Dhennebon , et lui a frappé sur l'épaule. Va! tu seras mené toute ta vie!..
DHENNEBON. Ça m'est égal, pourvu qu'on me mène bien. Et toi qui parles!..
M. DE ROUVRAY. Moi, mou ami, je reste garçon; parce que l'homme d'État doit être libre de toute chaîne... je renonce à toute concession, à tous les avantages qu'on pouvait m'offrir; parce que b; tribun, le mandataire du peuple, doit se tenir en dehors du pouvoir.
DHENNEBON, à demi-voix. La combinaison a donc manqué?
.M. DE ROUVRAY. Grâce au ciel! je le préfère, je suis ninn maître, je n'appartiens plus qu'à moi!., nous allons déjeuner en famille, sans que rien nous dérange...
UN DOMESTIQUE, entrant. On demande Monsieur aux Tuileries...
M. DE ROUVRAY. Aux Tuilt'rit's".'. . J'y vais! (// sort.)
DHENNEBON. Eucorc un indépendant qui se croit libre!....
EMILIE. Et qui ne l'est pas plus que nous! (^4 son mari.) Car tu vois bien maintenant qu'eu celte vie on est toujours dépendant de quelqu'un !. . et à défaut des autres , on a pour
tyrans ses propns pissions le tout est de les choisir
bitniK's.
KiuiARi», à Esllicr. Miiii choix est fiit!
DIIKNM.I10N, à sa femme. Le mien au-;si!
fiN DK-; IM>I.IM:Mi\NTâ.
VIALAT l'.T C'^. LMPRLMEURS ET ÉDITEURS.
r.uLTO. Sortez d'ici lous deux. — Acte 4, jcène 6,
LES MAITAIS CONSEILS
StcpivtieiidS pour la prcinlèrc fols, «» ParJs, sur le théâtre de Ia Purte-iiaiHt<Uartiu, le i 9 mars l»a«.
LU SOCILTi: AVEC M TLRKIKIi,
DARCEY, riche propriétaire.
VALUÉJA. ?on ami.
RODOLPHE, f.s'iinuable.
ÉV'U.\RD, ni'irociaiit^ pire iJe madame
Daicey.
DUSSKUIL, inai-'istrat. Iji-au-frèie d'Evrard. ALBERT MELLEVILLE.iifV.il d'hvrard.
HIPPOLYTE GONZOLL
îJnsonuagef.
RL\LTO^ banquier étrauser.
LcOPOLD.
ACHILLE GR05B0IS, jeune docteur
rasliioiiable.
MOURAVIEF, Kalmouck au service
de Valdéja.
LAURENT, domestique d'Adèle.