ADÈLE, DARCEY
DAncEY. Je eroyais que nous ne dînerion- qu'en famille ; mais je vois que de ton côté tu m'as ména;j:é aus:^i nue surprise... sans doute quelques amis communs que tu as invités pour le jour de ta fête?
ADÈLE, arec émotion. Oui, Monsieur, des amis.
DARCEY. Et lesquels?., ù moins que ce no soit un secret, et alors je n'insiste plus... je ferai nièmerélonné, si tu le desires.
ADÈLE, avec crainte. Peut-être le serez-vous on effet?
DARCEY. Et pourquoi donc, ma chère amie?
ADELE. Pourquoi?.. [A part.) Allons, et comme Amélie me l'a conseillé, tâchons de vaincre celte sotle timidité.
DAKCEY. Achève l
ADÈLE; avec embarras. C'est que... je ne sais comment vous l'avouer; maisfranchement je n'ai pu m'en défendre... elles .sont venues me demander à dîner.
DARCEY. Et qui donc?
ADÈLE. Madame de Laferrier et madame Marini.
DARCEY. Tu ne parles pis sérieusement?
ADÈLE, avec vivacité. Si, Monsieur ; je l-S ai invitées, et maintenant il n'y a plus à s'en diklire. (.1 part.) Grâce au ciel ! j'ai tout dit... m'en voilà quitte !
DARCEY, avec une colère concentrée. Adèle!.. Adèle!., ton intentitin n'a pas été de me braver?., tu avais oublié ma défense, dis-le-mci.
ADÈLE. Non, Moiisieur... mais cette défense était injuste et injurieuse pour moi , et ce serait m'humilier a mes [U'oprcs yeux et aux vôtres que de renvoyer mes meilleures amies.
DARCEY, avec chaleur. Vos meilleures amies! Uien au monde ne m'est plus pénible que de vous entendre les appeler ainsi, m;us j'espère que bientôt vous connaîtrez ceux qui vous aiment véritablement.
ADÈLE. Ce sont ceux qui me plaignent, ceux qui cherchent à calmer mes souffrances; à mon tour^ je dois les défendre quand on les calomnie et les préférera ceux qui ne veulent que m'aftliger et me tyranniser... Le trouvez-vous surprenant?
it\KC.v.\, avec douleur. Sur[)renant ! non, Adèle; depuis longtemps il n'y a plus rien qui me surprenne; et l'ingiMtilude d'une fennne ne saurait y faire exception.
ADELE, avec fierté. Monsieur!
DARCEY. Pardon... j'ai tort de vous laisser voir ce (|ue je soulfre.
ADELE. Des r.^proches! ai-jo-trihi nirs devoirs?
DAKCEY, avec douleur. Je lui parle de tendresse, elle me parle de devoirs.
ADÈLE, froidement. El que voulez-vous de plus? Le reste dépend-il de ma volonté?
DARCEY, s'éloiijiiant d'elle. Ah!., qu'il n'en soit pins question! cette épreuve est la dernière. Désormais je ne vous demanderai plus que des devoirs, Mulame, nous verrons comment vous saurez les remplir. Le premier de tous était la soumission à mes volontés; et si vous avez pensé que
dans un jour comme celui-ci j'oublierais de vous le rappeler, vous avezen tort... In jour, une heure de faiblivssecjnipi'omettrait tont"S les heures de ma vie, et je ne transige jamais avec ce que je crois raisonuable et nécessaire; je vais vous le pruuver.
ADÈLE. Dieu! ce sont mes amies!