‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 177 sur 783 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Les PRÉCÉDENTS, CRÉPONNE.

CRÉPONNE. Ah! Madame... Madame! voilà six heures que je vous cherche... J'ai été chez M. R<idolphe, chez madame Marini.

ADÈLE. Et pourquoi donc? qu'est-il arrivé?

CRÉPONNE. Mademoiselle Clarisse, votre sœur, est venue à la maison dix minutes après votre départ.

ADÈLE. Ah ! mon Dieu !

CRÉPONNE. Je ne sais pas ce qu'elle a dit à votre mari, mais tous les deux sont partis en voiture, et Guillaume, le cocher, les a conduits chez monsieur votre |)ère où ils comptent vous trouver.

AMÉLIE. Je n'y comprends rien.

CRÉPONNE. Et Madame qui a dit qu'elle passerait la journée chez son père, qu'elle y dînerait peut-être. C'est sous ce prétexte-là qu'elle est sortie.

ADÈLE. Eh! mou Dieu, oui !

CRÉPONNE. Sans moi vous étiez prise, vous auriez dit, en rentrant, (|ue vous en veniez.

ADÈLE. Je m'en garderai bien... .\mélie, que faut-il faire?

AMÉLIE. Rentrer au plus vite.

AiÈLE. M.iis où aurai-je été ce matin, toute la journée?

AMÉLIE. Cela f''mb:iiTasse?

ADÈLE. Certainement.

AMÉLIE. Y a-t-il longtemps que vous n'êtes allés, toi et tou mari, chez madame Lougpré, dont tu me parles souvent ?

ADÈLE. Quinze jours environ.

AMELIE. .Vssieds-îoi là et écris-lui.

Ai'ELE. Que veux-tu t[ue je lui écrive?

AMELIE, .\ssieds-toi toujours.

ADELE, en s'asaeyant. Voyons.

AMÉLIE, dictant. « Si avant de m'avoir vue, le hasard vous « mettait en iM|)port avec mon père et mon mari , n'ou- « bliez pas (pie je suis arrivée chez vous aujourd'hui dans « un état affreux, que j'y suis restée très-longtemps, et que « j'en .suis repartie en fiacre. » [Parlant.^ A la ligne. [Dictant.) « Je vous envoie mon chapeau el mon mouchoir, « vous me les renverrez demain par votre femme de « chambre. N'y maïuiuez pa^^. » [Parlant.) Date et signe... commences tu à comprendre ?

ADÈLE. Oui. mou bon ange.

AMELIE. En arrivant chez toi, lu te trouvera^ mal, et Je ré|)onds ilu reste.

ADÈLE. Dieu! ipie c'est sim|»Ie et bien !

(lUii'ONNE. (>h: oui. c'est joliment bien! \mt' femme de

DIX ANS DE LA VIE D'UNE FEMME

tliaiiiltiv tlk'-m(''iue n'aurait pas mieux trouvi'... Allons, M;i(lanii', partons; une voiture est en bas qui nous attend.

AMEi.n:. Non, non... il ne faut pas qu'on vous voie rentrer t nsenible.

CREpo.NNE. C'est juste! jeTonbliais... Madame penseà tout. [Elle sort par le fond.)

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