‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 22 sur 783 · LORD HENRI, MARGUERITE · texte numérisé non relu

LORD HENRI, MARGUERITE

MARGUERITE, entrant pav la porte à droite. Oui, mon père, je vous attendrai ici...

HENRI, entrant par le fond et apercevant Marguerite. Miss Marguerite... qu'il me tardait de vous voir! je suis d'une joie!., jeppouvc un bonheur...

MARGUERITE, .\lors ditcs doiic vitc pour que j'en aie aussi !

HENRI. Il est arrive depuis ce matin tant de cliang.ments, tant (révénemcnls... qu'il vous suffise d'apprendre (|ue dans ce moment j'ai tout pouvoir; j'ai la confiance, j'ai l'amitié du roi... il m'accordera tout ce que je voudrai... alors tt sur-le-champ j'ai pen.sc à vous...

MARGUERITE. A lUoi !..

HENRI. Ou du moins à celui que vous aimez... c'est la même chose!., j'ai fait venir votre jeune cousin Thomas Kiiistoii...

MARGUERITE. 0 cicl !

HENRI. Je lui avais fait avoir hier un emploi... je lui en donne un aujoui-d'hui bien plus beau... bien plus sur... je le place près de moi à la chancellerie... et si vous aviez vu sa reconnaiss:ui(e et surtout soii élonnement, car il ne peut se douter d'où lui vient sa fortune !..

MARGUERITE, (i /ot;7. Je crois bien!

HENRI. Maintenant que vous voilà rict)(\ lui ai-je dit, que votre avenir est a.ssure... ne suiigerez-vous p^is à quelque établis.seinent?..

MARGUERITE. Graiid Dicu!..

HENRI. Ne craigiirz rien!., je ne me serais pas permis un seul mut qui aurait pu vous compromettre!., mais c'est lui-

L'AMBITIEUX

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môme qui, s'adressant à moi comme à son protecteur, m'a donné à entendre qu'il avait des vues sur une jeune fille, si parente, sa cousine, dont le père venait d'être nommé membre de la chambre des communes .. c'est clair, je le pense; et sans tr.ihir un secret que votre tendresse avait confié à mon amitié... je l'ai engagé à ne pas se rebuter,., à se présenter encore!..

MARGUERITE. 0 mon Dicu !

HENRI. Il va venir... [La regardant avec tendresse.) Et en vérité, Marguerite, je le trouve bien heureux... je trouve qu'il n'y a personneau monde qui ne di ive envier son sort... car maintenant le voilà sur du consentemont de votre père... Sa nouvelle fortune... ma protection... et puis la vôtre...

MARGUERITE, ovec embarras. Je ne sais... je doute encore que mim père. .

HE.NRi. Il le faudra bien... je saurai l'y contraindre...

MARGUERITE. C'cst trop dc bontés .. c'est trop vous occuper de moi .. vous d'abord!., vous avant tout!., vous ne me parlez pas de ce qui vous est arrivé... de cette entrevue, de ce rendez- vous qu'on vous avait demandé!..

HE>Ri. Ah! vous allez partager mon bonheur!,, et il m'est d'autant plus doux... qu'il y a dans notre destinée comme une sympathie secrète... qui fait que nous sommes heureux ou malheureux ensemble... je suis comme vous.,, je suis aimé!..

MARGUERITE, 0 Ciel !

HEKRi. Oui, elle m'aime,,, oui, je ne peux en douter... et si des obstacles, si un secret que je dois respecter l'empêchent en ce moment dc me donner sa main.,, je suis sûr du moins que ce mariage est maintenant l'objet de ses vœux,.. Je viens de lui écrire pour presser encore cet heureux instant... et bientôt, je l'espère, rien ne s'opposera à notre union, pas plus qu'à la vôtre... je vais attendre sa réponse.,, et je vous retrouverai chez ma sœur lady Juliana , n'est-il pas vrai?.. Adieu, Marguerite, adieu !.. gardez bien mon secret. {Rsort.)

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