‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 224 sur 783 · MAURICE, LA PRINCESSE · texte numérisé non relu

MAURICE, LA PRINCESSE

LA PRINCESSE, oprès ovoir al tendu que toutes lesportes se fussen' refermées, se rapprochant- vivement de Maurice. Enfin donc, on vous revoit ! Depuis deux mois, pas une seule ligne de vous; c'est par la duchesse d'Aumont que j'ai appris votre retour, et j"ai cru que je ne recevrais pas votre visite.

MAURICE. Ma première a été pour vous, princesse... arrivé eette nuit...

LA PRINCESSE. Vous n'avcz vu, de la matinée, personne encore ?..

MAURICE. Que le secrétaire d'État au département de la guerre... (Ayant l'air de chercher.) le cardinal-ministre.... et le premier commis, qui, tous, du reste, m'ont assez mal accueilli et m'ont donné peu d'espoir !

LA PRINCESSE. D'autrcs vous ont dédommagé !

MAURICE. Que voulez-vous dire ?

LA PRINCESSE, qui, depuis le commencement de la scène, a tenu les ijeux fixés sur un bouquet que Maurice porte à la boutonnière de son habit. Je \h; m'imagine pas (pie ce soit le secrétaire d'Etat ou le cardinal-ininistn; (pii vous ait donné ce bouquet de roses.

MAURICE, avec embarras. C'est vrai !.. je n'y pensais plus ! vous voyez tout !

LA PRINCESSE. Dc qui vous viennent ces fleurs?

MAURICE, riant. De qui?.. Eh ! mais, d'une itetite bouquetière... fort jolie, ma foi... que j'ai rencontrée presque aux portes de votre hôtel, et qui m'a supplié si vivement de le lui acheter...

LA PRINCESSE. Quc VOUS avcz pcusé à moi...

MAURICE. Oui, princesse!

LA PRINCESSE. Ouelaiiiiable souvenir !.. j'accepte, monsieur le comte, j'accepte...

MAURICE, avec embarras, le lui présentant. Vous êtes trop lionne !..

LA PRINCESSE, ù voix liautc, et feignant de l'admirer. Il est charniant !.. L'essentiel, en cii moment, quoique pyu*ètre vous méritiez mu qu'on s'occupe de vous... est de songer à v(>s iiit(M-êts... vous dites que le cardinal-ministre... \iiii.> a mal aecui iUi...

ADHIENNE LEGOUVREUR.

Muiuci;. Vuvt m-\\.

LA pui.NCEssE. Jc Verrai à faire clniiL;(;r ses dispositions... on vous accordera vos doux rcf^iniciits.

M.viKiCE. S'il était vrai !...

LA l'iu.NrLSSE. J'irai à Versailles... et, ponr vous tenir au eouranî rie cequej'aui'ai fait, de ee que j'aurai appris...

MAumCK. Je viendrai ici...

LA I•Rl^c^•ssE. Ici... non! la foule cies curiouv et des importuns, sans compter mon mari, ne me lais'^e pas un in- .^îant de liberté. .Mais, écoutéz-moi : M. le prince de Bouillon a acheté pour la Ducios une prtitc nuii.son chiu-maulc, lU'-licieiLsc, prés de la Grangc-Batcliére... à drux pas rie Teuceintc do I*aris... j'en puis dispi)ser... c'est là seulement que je vous recevrai.

MAL'RiCE. Dans cette maison, qui appartient...

LA HUNCESSE. .\ uion mari... raison de plus! chez lui, c'est chez moi...

j^iWMCE, gaieincnl. En vérité, princesse, il n'y a que vous pour de telles coudiiuaisons !

LA PRINCESSE. Oui, c'cst asscz ingénieux... (Juand ce sera possible et nécessaire, c'est mademoiselle Ducios elle-même qui vous en préviendra en vous écrivant, jamais uioi !

MAi'uicE, (le même. Mais, ne craignez-V(nis pas?..

LA PRINCESSE. Rien!., la Ducios m'est dévouée... son sort est dans mes mains...

MAURICE. Jc comprends... mais moi... (A part.) Accc|)tcr iiuandj'en aime une autre... non, mieux vaut tout lui dire. {Haut.) Je ne sais, princesse, comment vous remercier de voire générosité, de votre dévouement...

LA PRLNCESSE (1). En acceptant ! Silence, on vient !.. Qu'estce?.. [Se retournant avec impatience.) Hien... C'est Tabbe.

MAURTCE, salue respectueusement la princesse, et sort p ir le fond; à part. l'ius tard ! |)lus tard !

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