‹ Œuvres complètes de E. Scribe (volume 3)Chapitre 243 sur 783 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

L'ABBÉ, LE PRINCE, entrant par le fond ; MAURICE.

LE l'UiNCE, apercevant la porte à droite qui vient de se fenmr. Ah! l'on vous y prend, moucher...

(I) La priiici'ssi', Maurico.

MAURICE, avec trouble. Vous ici, .Messieurs?..

LE i'RiNCE, riant. J'ai vu la dame, je l'ai vue!

MAURICE. C'est une phisauterie, sans doute!

LE PRINCE. Non, parbleu!.. la robe blanche flutU^nte... qui disparaissait... Voicidonc la Saxe aux priscsavec la France...

MAURICE. Qu'est-ce que cela signifie?

l'abré. Que nous sommes au fait, mon cher comte.

LE l'RiNCE, ijoiciricnt. El que cela ne se passera pas à huis clos, il nous laut de l'éclat et du scandale. {Frappant sur l'cpiule de l'abbé. Nous ne souiines pas des abbés pour rien... n'est il pas vrai?

MAURICE, (i«/)rinci'ai''<'c impatience. Eh ! Monsieur, j'aurais cru, au contraire, que c'était pour vous qu'il l'allait éviter le bruit... Mais puisque vous le voulez, puisque vous savez tout...

i.E l'RiNCE, riant. Tout... et de plus nous avons les pi'i'uves...

MAI RiCE, froidement et mettant son chapeau. Monsieur le priiice, je suis à vos ordres... Monsieur l'abbé conscnlira, je l'espère ^lo costume n'y faitrien)^à nous servir de lémoiii, et comme il y a, je crois, un jardin, nous pouvons y descemlre.

ADRIENNE LECOUVREUR

:,ji,t.S^l!l:ll,illl,!li;l|'!j;-rr#11ffi^ll'^^ \

fil'

'-so.<:wf.»i.=-:^=£::

Adritnnt Lecouvretir, Acte 3, Scène 10,

2f -.L' [THEÎi.iCIu.l — '

LE PRINCE, riani. A cette heure?..

MAURICE. Il est toujours l'heure de se battre... et pourvu que nous eu Ihiissions promptement... cela doit vous convenir...

l'abbe, qui a remonté le théâtre, redescend près de Maurice (0- Voilà où est votre erreur. Nous ne tenons pas à en finir, au contraire, nous voulons que cela dure :

Amour fidèle, Flamme éternelle!

Comme dit l'air de Rameau ! Et par un héroïsme qui surliasse toutes les magnanimités d'opéra, M. le prince vous abandonne votre conquête!

MAURICE. Qu'est-ce à dire?

l'abdé. a la condition que le traité de paix sera signé ici, à souper, à l'éclat des flambeaux!

LE PRINCE. Au bi'uit des verres et du Champagne.

MAURICE. Est-ce de moi, Messieurs, que l'on veut rire?

l'abcé. Vous l'avez dit!

LK PRINCE. Mon seul but étant de prouver à la Duclos...

(I) Le prince, l'abbé, Maurice.

MAURICE. La Duclos...

LE pp.iscE, montrant la porte à droite. Que je ne tiens plus à SCS charmes.

l'abbé. Et que si la France et la Saxe se lialtaient p.mr elle...

LE PRINCE. El pour sa vertu...

l'abbé. Ce serait là une querelle d'AlIcmind que monsieur le prince ne se pardonnerait jamai-... Ah! ah! ah!

LE PRINCE, riant aussi. Ah! ahî.th! c'est drôl.>, ii'e>l-il pas vrai?.. Et loin de rire... comme nous... vous avez un air étonné...

MAURICE. Oui, d'abord... Mais, main'eiiaiit, cela nir paraît en effet si original. .

LE PRiNXE. N'est-ce pas?.. Ah! ah! m'cnlever la Duilos... de mon consentement... un service d'ami !..

l'abbé. Et vous ne refuserez |»s, en nouveaux aîlié'^, de vous donner la main...

MAURICE. Non, parbleu! voici la mic^nne...

LE PRINCE, déclamant.

Soyons amis, Cinna, c'est moi qui tV n convie.

l'abbé, riant. Et si, pour ratifier le tr uté, il vous faut un

Page 1